Michel Lamy, mai 2016

Si vous vous arrêtez dans un village de la Mauricie ces jours-ci, vous serez peut-être frappés par le nombre de propriétés mises en vente. Cette situation peu rassurante nous oblige à nous interroger sur les perspectives démographiques de la Mauricie.

Afin de se mettre en contexte, il convient de souligner certaines réalités concernant la démographie de laSONY DSC

Mauricie. Un rapide coup d’œil aux chiffres de l’Institut de la statistique du Québec nous apprend que la population globale de la région est en croissance depuis 2011 (0,15 %). Toutefois, cette croissance est de loin inférieure à la moyenne québécoise (0,85 %). Cet écart s’explique notamment par deux facteurs : l’âge et l’emploi. En effet, l’âge médian des Mauriciens (48,2 ans) est beaucoup plus élevé que celui de l’ensemble des habitants de la province (41,8 ans). Cette situation fait qu’il y a davantage de décès que de naissances sur le territoire de la région. Sur le plan de l’emploi, la Mauricie enregistre une chute de sa population active (-4,8 %) et de son taux d’emploi (-3,3 %). Il est à noter que le taux d’emploi est grandement affecté par la perte de 9 400 emplois dans le secteur de la production de biens entre 2012 et 2014. Il va sans dire qu’il est difficile d’attirer ou de retenir des travailleurs dans ce contexte.

Ces chiffres peu rassurants nous invitent à faire un examen plus approfondi de la situation afin d’y trouver des explications. Afin de voir apparaître certains aspects cachés, il est intéressant de s’attarder aux données sur la migration intra et interrégionale en Mauricie. Un premier facteur à considérer est celui des études postsecondaires. Dans plusieurs communautés de la Mauricie, on remarque une faible proportion du groupe d’âge des 18 à 24 ans. C’est que bien souvent, les jeunes doivent s’expatrier vers Shawinigan ou Trois-Rivières, ou tout simplement quitter la région, pour poursuivre leurs études aux cycles supérieurs. Mme Hélène Langlais, directrice du Service des communications à la Ville de La Tuque, témoigne de ce phénomène : « Nous avons à La Tuque un centre d’études collégiales associé au Collège Shawinigan, mais il n’offre pas tous les cours. C’est normal que les jeunes partent. On travaille fort pour qu’ils reviennent. »

Un autre facteur à considérer est la migration des 25 à 34 ans vers les secteurs périurbains. Il est en effet plus facile d’avoir accès à la propriété dans ce type de secteur en raison des faibles prix de l’immobilier, caractéristique qui n’est pas sans intérêt pour les jeunes qui cherchent à s’établir. Paradoxalement, comme la plupart des habitants de ces secteurs travaillent et consomment en ville, l’offre de services y est plus limitée. Néanmoins, Lionel Arseneault, agent de développement du territoire à la MRC des Chenaux, rappelle que les habitants des secteurs périurbains cherchent, entre autres avantages d’habiter à la campagne, une dynamique de communauté et une vie citoyenne active.

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