Stéphan Béland et Mariannick Mercure

La Gazette s’est entretenue avec monsieur Jean-Martin Aussant, ancien chef du parti politique provincial Option nationale, qui est maintenant directeur du Chantier de l’économie sociale. jm-aussantCe Chantier a pour mission de promouvoir l’économie sociale comme partie intégrante de l’économie plurielle du Québec et, ce faisant, de participer à la démocratisation de l’économie ainsi qu’à l’émergence de ce modèle de développement basé sur des valeurs de solidarité, d’équité et de transparence.

La Gazette (LG) : Qu’est-ce que l’économie sociale ?

Jean-Martin Aussant (JMA) : On peut distinguer trois secteurs au sein l’économie de manière générale: le privé, le  gouvernemental  et le collectif. L’économie sociale fait partie du dernier secteur et peut être définie comme de l’entrepreneuriat collectif.

LG : Comment peut-on décrire ce secteur collectif ?

JMA : Ce dernier se distingue du secteur privé essentiellement par le fait qu’il n’appartient pas à quelques propriétaires vivant souvent à l’extérieur du Québec. Le plus souvent, une entreprise du secteur collectif appartient à ses membres et les profits qu’elle engrange aideront à accomplir  la mission de l’organisme.

LG : Quels sont les avantages de ce secteur collectif ?

JMA : La nature même de l’entrepreneuriat collectif est de répondre aux besoins de la communauté. Un des avantages est que ce type d’économie est en mesure d’assurer une certaine pérennité en réglant une partie des problèmes reliés à la relève.

LG : Un exemple ?

JMA : Le premier qui me vient à l’esprit est celui des Caisses Desjardins. Quand Alphonse Desjardins a quitté son entreprise, cette dernière n’a pu être vendue à un autre « propriétaire ». Et cet exemple de Desjardins pourrait nous amener à parler d’un autre avantage relié au secteur collectif : la redistribution de la richesse vers les membres, vers la collectivité.

LG : Pourrait-on vouloir, comme certaines personnes, que l’économie sociale devienne le type d’économie à privilégier aux dépens de secteur privé ?

JMA : Je ne crois pas non. En fait, il vaut mieux privilégier un équilibre entre les trois secteurs (privé, gouvernemental et collectif). J’ajouterais que, si le privé ne doit pas disparaître, il n’est pas faux de dire que, actuellement, ce secteur exerce une trop forte domination. Par exemple, les lobbys et les grandes corporations prennent beaucoup trop de place au détriment des deux autres secteurs. Posons-nous plutôt la question suivante : les secteurs gouvernemental et collectif devraient-ils prendre leur juste part? Sans hésitation, je répondrais oui.

LG : Et qu’en est-il pour le Québec lorsqu’on parle d’économie sociale ?

JMA : Il faut dire que le Québec est un leader mondial dans le domaine. Montréal est devenue une « plaque tournante », une référence en économie sociale. D’ailleurs, le Forum mondial de l’économie sociale et solidaire s’y tiendra l’automne prochain.

LG : Et si, finalement, nous parlions de ce qui nous concerne de plus près : comment ça se déroule chez nous lorsqu’on parle de ce type d’économie ?

JMA : Les pôles régionaux, tel le pôle d’économie sociale de la Mauricie, sont les pierres d’assise du  développement de ce secteur. Ils sont directement présents sur le terrain, au sein de la communauté. Aussi, je vous invite à surveiller la tournée des régions du Québec que le Chantier effectuera bientôt en Mauricie. Ce sera une excellente façon de constater ce qu’il se fait sur le terrain tout en cherchant à mieux cerner les besoins des entreprises.

 

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