Agathe Gentili – janvier 2020 

L’aménagement du territoire a des conséquences importantes sur le quotidien de la population. Par exemple, la conversion de terres agricoles en quartiers résidentiels ou en grands centres commerciaux grignote les terres cultivables et crée une dette écologique difficile à mesurer.

Le territoire est une ressource dont la valeur fluctue selon son potentiel de valorisation économique. Or, il appartient au gouvernement provincial et aux personnes publiques locales d’aménager le territoire. Les choix concernant son aménagement ont donc des effets considérables sur le quotidien de la population et sur sa qualité de vie.

Le choix de l’étalement

La forme d’une ville peut être dense ou étalée. Le choix de l’étalement urbain a été privilégié dans les années 1950-1960, mais il s’est fait bien souvent au détriment des zones agricoles. En effet, rénover un bâtiment existant ou démolir pour rebâtir coûte nettement plus cher que de construire des habitations neuves. De plus, l’attrait de la vie à la campagne pour y élever une famille est indéniable.

L’étalement urbain a été rendu possible par l’essor de l’automobile au début du 20e siècle, puis par sa démocratisation dans les années 1960. De nombreuses familles ont ainsi pu acquérir une résidence plus éloignée du lieu de travail, des écoles et des commerces. La ville s’est transformée en fonction de l’automobile et, cinq décennies plus tard, celle-ci est devenue indispensable. En 2016, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) constatait une hausse de 35 % du nombre d’automobiles depuis 2001.

Afin de freiner la conversion des terres agricoles en lotissements résidentiels et commerciaux, le gouvernement de Jean Garon a voté en 1978 la Loi de protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA). Selon le calcul à cette époque, si la progression se poursuivait au même rythme, les terres agricoles disparaîtraient en 2000. La loi a effectivement ralenti l’expansion de l’étalement urbain, sans toutefois supprimer la possibilité d’utiliser des terres agricoles à des fins immobilières.

Le phénomène de l’étalement urbain génère une dette écologique en convertissant des terres arables en lotissements résidentiels et commerciaux. Cette dette, bien que difficilement chiffrable, est plus importante lorsqu’on considère les conséquences à long terme sur la qualité de vie des citoyennes et des citoyens. Crédits : Alex Drainville

Une dette écologique difficilement chiffrable

Le coût associé à l’éloignement accru du monde agricole est global. La dette engendrée par ce phénomène est écologique, mais elle altère également la qualité de vie à long terme. De fait, la population vieillit et devient de plus en plus isolée, dépendante des déplacements motorisés, les nombreuses routes doivent être entretenues et les transports génèrent une pollution croissante due aux gaz à effet de serre. Tout cela a un coût.

Il faut savoir que 39 % du territoire de la ville de Trois-Rivières est agricole. Sous cet aspect, la Ville affiche d’ailleurs le second pourcentage en importance en Mauricie, après la MRC des Chenaux. La proximité des terres agricoles mauriciennes fait partie des richesses de la région et contribue à la qualité de vie qui la fait rayonner. Leur conservation est donc essentielle.

Des pistes de solution

Certaines solutions sont déjà mises en œuvre sur le territoire de la Mauricie : la formation d’une relève de nouveaux agriculteurs, qui pérennisent l’usage agricole de la terre, et la diversification de leurs activités (agrotourisme, kiosques de vente, autocueillette).

La densification constitue également une piste pour faire diminuer cette dette écologique. Cela fait peur si l’on imagine la construction d’une tour de 10 étages voisinant une maison individuelle, mais densifier, c’est aussi utiliser en priorité les terrains vacants, les stationnements sous-utilisés et les friches industrielles avant de se tourner vers les terres agricoles environnantes.


Sources:

  • Collectivités viables, Vivreenville.org
  • Le Devoir, Annabelle Caillou, 23 octobre 2017.

https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/511022/l-auto-quebecoise-decodee.com

https://www.ecohabitation.com/guides/2933/la-densite-et-le-controle-des-infrastructures/

Images :

  • Photo 1, les champs agricoles

https://www.airphotomax.com/gallerie/paysage/quebec/photo-quebec-champs.jpg

  • Photo 2, quartier Bois Francs, Montréal, Alex Drainville, 2015.

https://www.flickr.com/photos/axelrd/22506024711/in/photostream/

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