Magali Boisvert, octobre 2019 

Si l’on a bien appris une chose en ratissant la Mauricie pour mettre en lumière des projets en environnement, c’est que les jeunes verdissent aussi. Nous avons rencontré trois élèves, encadrés par Karine Champoux, coordonnatrice des activités en développement durable à l’école secondaire des Estacades, pendant une journée ensoleillée de juin.

Les jeunes, ainsi que Karine, nous font une visite du terrain de leur école, car c’est en bonne partie là que leurs efforts se concrétisent. Les jeunes ont mis en place deux bacs de compost : l’un, qui est réservé à l’école, et l’autre, offert à quelques familles chanceuses du quartier. Il n’y a pas que les matières qui s’y transforment ; c’est aussi l’occasion pour les jeunes de tous niveaux et de toutes aptitudes de s’épanouir.

Estacades
Le jardin pour les pollinisateurs devant l’école secondaire des Estacades au début de la saison estivale de 2019. Crédits: Dominic Bérubé

Une fenêtre sur la socialisation et sur l’air frais

Un des jeunes présents, Karl Martin, est autiste, et fait partie des classes spéciales. Grâce à l’escouade verte, il a invité plusieurs de ses camarades de classe à délaisser leurs jeux vidéo pour aller mettre leurs mains dans la terre et prendre en charge la construction et l’entretien des bacs de compost.

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« J’adore sensibiliser parce que moi, avec ma différence avec l’autisme, je connais des gens qui sont dans leur bulle, à juste vouloir jouer aux jeux vidéo et moi, quand j’avais besoin de quelque chose pour m’occuper parce que j’avais une période difficile, ça m’a fait du bien d’avoir le comité environnement. Ça m’a appris à mieux gérer l’environnement chez nous, et sensibiliser les gens de mon secteur, je les invitais à venir », nous dit Karl.

Une cour d’école florissante

Plusieurs petits projets verts ont fleuri dans la cour d’école. Avec l’aide de Karine, les élèves comptent entre autres des affiches de sensibilisation verte de toutes sortes : « On rêve, nous, que les citoyens viennent avec leurs enfants, leurs petits-enfants, se promener puis regarder nos affiches puis apprendre des choses sur l’environnement », rêvasse Karine.

On nous guide vers un jardin pollinisateur, instauré afin d’attirer des papillons et divers insectes, puis vers le jardin EVB (Établissement Vert-Brundtland), tous façonnés par des mains estudiantines. En plus des arbres et arbustes, ils et elles ont également planté au fil des années une trentaine de plantes comestibles sur le terrain même de l’école, grâce à une jeune inspirée, Audrey Houle.

« Chez moi, dans ma cour, on a un cerisier, on a des gadelles, des groseilles, de la rhubarbe, on a des framboises… J’ai tout le temps vécu, dans mon enfance, en allant manger l’été des fruits locaux venant directement de ma cour. »

De la nature aussi entre les murs

Les deux comités écolos des Estacades n’ont pas chômé dans les dernières années. Des rallyes à saveur verte, des vélos-smoothies à la Saint-Patrick, des kiosques pour le Jour de la Terre, deux colloques invitant toutes les écoles de la commission scolaire afin de discuter de projets verts innovants, la création d’une cabane à chauve-souris et d’un chariot Zéro déchet mobile… Si la nature s’introduit aux Estacades, c’est aussi parce que des jeunes dynamiques, chapeautés par Karine Champoux, l’y invitent.

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