François Bellemare, Tribune des lecteurs, février 2017

Une coïncidence ? Cherchons les similitudes entre le président Trump et le Brexit : les deux ont gagné en 2016 avec une faible proportion de votes et, dans les deux cas, grâce aux régions, c’est-à-dire les populations qui vivent à l’extérieur des grandes villes ou des centres décisionnels.

Négligées économiquement, ces régions, se démarquent par leur taux de chômage anormalement élevé, leurs infrastructures vieillissantes et leur population également vieillissante, laquelle se perçoit comme ayant peu de poids dans la représentation gouvernementale à tous les niveaux. Ces régions jadis florissantes se sont développées grâce à de grandes entreprises implantées depuis longtemps et fondées sur l’utilisation des ressources naturelles et agricoles locales. La main-d’œuvre qualifiée pour les emplois industriels qu’elles offraient était abondante.

Aujourd’hui, les ressources s’épuisent, les technologies utilisées il y a 50 ans sont dépassées, la main-d’œuvre vieillit et, surtout, le besoin de main-d’œuvre est moindre pour assurer un rendement supérieur de la production. Visant la rentabilité et le profit, les entreprises ferment et ne sont pas remplacées. On le constate chez nous, c’est le cas aussi aux États-Unis et en Angleterre.

Toutefois, les décideurs oublient que ce sont toujours les régions qui fournissent aux zones urbaines le capital humain et alimentaire. Les régions en souffrent, leur retour sur investissement est déficient, elles vivent de péréquation et, malgré les promesses répétées de certains politiciens, elles ne font l’objet d’aucun projet structurant à long terme.

En fait, qu’ont promis monsieur Trump et les tenants du Brexit aux régions ? Que l’on va s’occuper d’elles, que l’on écoutera ce qu’elles ont à dire, que leur développement économique mobilisera les dirigeants, que leurs entreprises cesseront de fermer, qu’on incitera les grandes entreprises à investir dans les régions afin de faire travailler leur population et non celles des autres pays. On a promis aux régions qu’elles ne seraient plus considérées uniquement comme des fournisseurs de main-d’œuvre qualifiée et d’aliments pour le seul bénéfice des grands centres. On leur a promis que des entreprises à salaires plus élevés s’y installeront.

Ces promesses sont-elles réalistes ou ne sont-elles que des discours racoleurs et éminemment démagogiques ? Chose certaine, ces discours ont fait mouche car ils se voulaient une réponse à un problème réel.

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