François Bellemare, Tribune des lecteurs, février 2017

Abordons notre réflexion en mettant sur la table quelques chiffres pertinents. Trois-Rivières se classe parmi les villes de 100 000 habitants et plus montrant le plus faible taux de vitalité économique (ISQ, 2016) et parmi celles ayant un revenu faible.

Le chômage est élevé, la population est plus âgée, le développement économique localisé est faible et les quartiers en difficulté sont nombreux. Ces quartiers se situent le long de la route 138, du parc Pie-XII au sanctuaire Notre-Dame-duCap, en s’étalant sur plus ou moins un kilomètre de chaque côté. Il y a 30 ans, tout ce secteur était pourtant le fleuron de Trois-Rivières et de Cap-de-la-Madeleine. En consultant le rapport ÉCOFCDEC d’août 2015, j’ai eu confirmation du constat socioéconomique désolant que j’avais moi-même fait.

Comment redonner vie à ces premiers quartiers, comment ranimer l’intérêt des gens de s’y établir ? Les commerces et restaurants ont peine à y vivre, faute de clientèle. Les habitants de ces quartiers n’ont souvent pas d’automobile et le transport en commun y est déficient. On a centralisé les services hospitaliers, et les vieux hôpitaux – Cloutier et Saint-Joseph – sont fermés. On laisse se détériorer les rues qui ne sont pas commerciales, par exemple dans le quartier Saint-Philippe. Le long de la 138, des bâtiments industriels vides (Aleris) et des commerces fermés (garages, entrepôts et commerces) se délabrent. C’est désolant de se promener dans ces rues qui faisaient jadis la fierté de notre ville.

En dépit des efforts déployés à divers endroits dans ces « premiers quartiers » par la construction d’habitations et d’immeubles de copropriétés pour retraités, les citoyens résidents ne peuvent pour la plupart jouir des espaces communs. Pourquoi ? Par ignorance, par manque de moyens de transport adapté ou d’aménagement adéquat, par absence de beauté autour de ces espaces ou faute de publicité, d’accompagnement ou de points de rencontre, ou que sais-je encore ?…

Je pense que, malgré leur revenu plus faible, les citoyens des premiers quartiers méritent que les autorités municipales se soucient de faire de ces secteurs un milieu plus humain afin de créer du bonheur, comme le prône si justement Pierre Thibault, architecte « vert ». Ce sont de beaux quartiers, bordés par le fleuve et trois embranchements de la rivière Saint-Maurice : revalorisons-les tous !

Trois-Rivières est une ville bien gérée, mais, comme le mentionne l’architecte Pierre Thibault, l’étalement urbain coûte une fortune en services : aqueduc, égouts, police, pompiers, transport, déneigement, entretien des rues et des routes, cueillette des ordures, etc. À mon avis, cet étalement urbain dénote un manque de vision quant au développement économique durable, car il se fait au détriment des espaces verts et des premiers quartiers. Si on est prêt à mettre 1,5 millions de dollars pour une fontaine près de l’amphithéâtre COGECO, on doit être capable d’en trouver 1 million pour créer une piste piétonnière et cyclable qui traverserait les premiers quartiers de notre ville, ce qui permettrait de relier les espaces verts depuis le parc Pie-XII jusqu’au Sanctuaire ! Les autres quartiers en ont une, alors pourquoi pas les premiers quartiers ? Ce serait une « avenue » simple, pratique, attrayante et durable.

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