Cet article s’inscrit dans le cadre du projet Proche en tout temps porté par Le Gyroscope et Le Périscope, deux organismes de la Mauricie venant en aide aux proches de personnes vivant avec des problématiques de santé mentale. Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier de l’Appui Mauricie. Pour rejoindre l’équipe du projet Proche en tout temps, contactez-les par courriel au info@procheentouttemps.org.

La bienveillance des bénévoles - Proche en tout temps - réalisée par David Leblanc

Kathy Guilhempey – Chargée de projets en communication pour Proche en tout temps – janvier 2020

Traitements complémentaires en santé mentale chez les aînés

La première idée qui émerge quand on pense aux traitements en santé mentale pour les personnes aînées, c’est la médication. La psychothérapie n’est pas souvent envisagée, dû à la croyance (erronée) qu’à partir d’un certain âge, les comportements et les façons de voir la vie sont cristallisés et que la psychothérapie n’est plus utile. Les autres options de traitement possibles restent, quant à elles méconnues.

Concernant la médication, les symptômes d’un tiers des personnes vivant avec la schizophrénie ne sont pas ou peu soulagés par la prise régulière d’une médication. Cela signifie que ces personnes doivent régulièrement composer avec des hallucinations et des épisodes psychotiques, nuisant gravement à leur qualité de vie de même qu’à leur santé cognitive. Parfois, même si la médication a été efficace pendant des années, ses effets viennent à s’émousser avec le temps et un changement partiel ou complet est à prévoir.

Hormis la médication, nous avons mentionné la psychothérapie, pour laquelle il faudra bien souvent se tourner vers le secteur privé, la rendant inaccessible à une partie des personnes concernées, faute de moyens financiers suffisants. L’électro-convulsivothérapie connait un regain d’intérêt depuis peu, à laquelle s’ajoute la stimulation magnétique transcrânienne.

Outre la médication, plusieurs alternatives sont à considérer pour traiter les problèmes de santé mentale des aînés : la réalité virtuelle ou la thérapie par avatar ou l’imagerie 3D au service de la schizophrénie. Crédits : Centre de recherche de l’institut universitaire en santé mentale de Montréal

NOUVELLES TECHNOLOGIES, NOUVELLES OPPORTUNITÉS

Et c’est ici que les nouvelles technologies entrent en jeu, tout spécialement pour les symptômes réfractaires au traitement médicamenteux. Le Dr Alexandre Dumais, psychiatre à L’Institut Philippe-Pinel et chercheur au centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal a créé le programme Avatar qui consiste, grâce à la technologie d’animation 3D, à créer un personnage (avatar) qui représente visuellement et auditivement l’hallucination la plus persécutrice pour le patient. Celui-ci revêt un casque de réalité virtuelle, pour interagir avec cet avatar contrôlé par le psychothérapeute. Un recrutement de patients est toujours en cours. Plusieurs personnes de 65 ans ou plus y ont participé et les résultats obtenus sont des plus encourageants : réduction des symptômes d’hallucinations et du niveau de détresse relié, diminution des symptômes dépressifs, amélioration de la qualité de vie.

Le Dr Sébastien Grenier, psychologue clinicien et directeur du Laboratoire d’études sur l’anxiété et la dépression gériatrique (LEADER) dirige plusieurs projets de recherche[1] notamment sur la cogestion du stress par la personne aînée et un membre de son entourage, et également un programme en ligne d’autogestion de l’anxiété et de l’insomnie conçu pour les aînés. Quand on sait que les difficultés liées aux déplacements peuvent constituer un frein à aller chercher de l’aide, les traitements à distance peuvent se révéler une option judicieuse.

EXPLORER DE NOUVELLES AVENUES

Au-delà des traitements, il existe aussi diverses activités complémentaires qui peuvent se révéler thérapeutiques, même si elles ne sont pas des traitements. Les Impatients[2] à Shawinigan, par exemple, offrent des ateliers qui permettent de canaliser et d’exprimer les ressentis liés à la maladie par le biais de la pratique artistique. Également, suivre le cours pour devenir pair aidant[3], même sans objectif d’en faire un emploi par la suite, peut permettre une prise de recul intéressante par rapport au vécu. Tout en restant vigilant sur le sérieux des traitements complémentaires à la médication, n’hésitez pas à parler à votre proche de ces autres avenues à explorer!

Consultez ici les autres chroniques de Proche en tout temps.

 


Sources:

http://www.laboleader.ca/projets/en-cours/

https://impatients.ca/ateliers/nos-centres-partenaires/

https://aqrp-sm.org/groupes-mobilisation/pairs-aidants-reseau/formations/detail/

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