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Le texte suivant a été rédigé par des stagiaires dans le cadre de séjours d’initiation à la coopération internationale avec le Comité de solidarité/Trois-Rivières. Sa publication dans notre journal est rendue possible grâce au soutien du programme Québec sans frontières du ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Voir le monde autrement

Khane Diouf (Catherine Leblanc) et Aissatou Mbodj (Annabelle Chrétien-Dubois), février 2019

Dans la brousse sénégalaise, au sein de la commune de Thiomby, se trouve un village sérère, Khalambasse. En mai dernier, dans le cadre d’un projet Québec sans frontières, la communauté de Khalambasse a accueilli huit participantes et une accompagnatrice du Comité de Solidarité/Trois-Rivières. Ce serait mentir de dire que les participantes n’ont pas ressenti un choc culturel en entrant dans la maison qui serait la leur pour deux mois et demi. Cependant, Khane Diouf, Aissatou Ndiaye, Tenning Ndour, Fatou Diouf, Marie Ndour, Rocky Faye, Aissatou Mbodj, Ndeye Daba Fall et Coumba Faye se sont toutes senties très vite à leur place à Khalambasse, et ce, en grande partie grâce aux gens qui y habitent.

La solidarité, l’accueil, l’ouverture et la gentillesse des habitants de ce village ont apaisé la nostalgie que les stagiaires éprouvaient en pensant à leurs proches au Québec. Il est important de comprendre que la structure familiale au Sénégal est très différente de la petite famille nucléaire que l’on connaît au Québec. Les parents, les grands-parents, les frères, les sœurs, les oncles, les tantes, les cousins et les cousines, tous se regroupent dans la même maison, aussi appelée mbina dans la langue sérère. Les mbina comportent des tarnas, soit des petites habitations à trois ou cinq pièces, ainsi que des huttes qui servent de chambres à coucher ou de cuisine. À Khalambasse, comme dans tout le Sénégal, les gens ne font pas la distinction entre les membres de la famille, c’est pour cette raison que comprendre les structures familiales de là-bas est complexe lorsqu’on « garde nos lunettes » de jeunes Québécoises.

Khalambasse
Lors de leur séjour à Khalambasse, au Sénégal, dans le cadre d’un projet Québec sans frontières, les participantes ont réussi à s’intégrer dans leurs familles d’accueil africaines malgré les différences culturelles.
Crédits : Catherine Brisebois – CS3R

 

Au village, tout le monde se connaît. Les enfants vagabondent de maison en maison pour jouer les uns avec les autres. Ils se connaissent tous, les familles connaissent aussi tous les enfants et participent à l’éducation de ceux-ci. Selon le dicton africain, « ça prend tout un village pour élever un enfant ». Dans la brousse qui abritait la maison de neuf Québécoises, ça ne pouvait pas être plus vrai, et c’est en grande partie grâce à la solidarité des villageois de Khalambasse.

Les principales activités économiques de Khalambasse sont la culture du mil et des arachides durant la période d’hivernage. Plus il y a d’enfants dans la famille, plus il y a de main-d’œuvre pour travailler au champ. Pourtant, les femmes ayant une dizaine de grossesses sont plutôt rares dans la communauté. C’est pourquoi la polygamie n’est pas envisagée d’abord en fonction du bien-être personnel du père, mais plutôt de celui de sa famille. Plus la main-d’œuvre est nombreuse au champ, plus il y a de nourriture et de revenus, meilleures sont les conditions de vie des habitants de la commune familiale.

En conclusion, les gens de Khalambasse se considèrent comme un village respectueux, solidaire, accueillant, affectueux et ouvert. Toutes des valeurs que les stagiaires ont pu observer et adopter lors de leur séjour solidaire, des valeurs qui sont aussi mises de l’avant dans l’éducation des enfants et dans la vie familiale sénégalaise.

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