Ta mort à moi, David Goudreault, éditions Stanké

Marie-Maude est morte d’une manière particulière, et jusqu’à présent personne ne pouvait s’expliquer les circonstances. Pour l’univers des belles lettres, c’est l’occasion d’encenser une fois de plus cette Baudelaire des temps modernes, de retracer le parcours de sa vie pour tenter de comprendre. Un spécialiste prétend enfin avoir résolu le mystère.

Ce tout nouveau livre de David Goudreault est une curiosité sans nom; présenté sous la forme d’un dossier qu’on aurait retrouvé éparpillé, la biographie du personnage côtoie conclusions et réflexions d’un des nombreux spécialistes qui se sont penchés sur les écrits de la « fausse » écrivaine. Si la vie de Marie-Maude est ponctuée d’un assommant mal de vivre, le roman qu’on tient entre les mains est pourtant agréable à lire, un sourire en coin nous attend à chaque page grâce à la plume habilement satirique de Goudreault.

  • Isabelle Fournier, libraire

Le drap blanc, Céline Huyghebaert, Le Quartanier

Céline Huyghbaert nous fait entrer avec ce roman au style hybride et polymorphe, dans une enquête, voire même une quête vers la connaissance du père mort et demeuré méconnu pour la narratrice. C’est par une forme peu conventionnelle que l’auteure nous conduit à travers diverses scènes et tableaux, voire même collages, photographies et autres médiums aptes à retrouver des traces rares du père. Ce roman de la disparition subite ainsi que de la filiation rappelle beaucoup la fiction d’Ernaux, avec ses réflexions en support aux souvenirs via l’usage de fragments de traces qui se proposent par petites touches successives et parfois hésitantes. On décèle aussi une affinité avec la douleur durassienne de la perte, mais surtout dans la pratique d’une écriture qui se détourne sans cesse de son sens pour rendre la fiction plus énigmatique. En définitive, Céline Huyghbaert tire sur ce drap blanc pour recouvrir le visage absent du défunt père, pour toujours.

  • Marc-André Lavoie, libraire

Super héroïnes, Barbi Markovic, Triptyque

Que font trois superhéroïnes assises, tous les samedis, au café malfamé Sette Fontane? La réponse est fort simple : elles discutent de leurs superpouvoirs, telles des sorcières des temps modernes pour en faire usage de manière astucieuse dans le but de critiquer sans ambages notre société de surconsommation et ses rouages délétères. Dans une traduction fort bien réussie de Catherine Lemieux, l’auteure du roman Une affection rare, finaliste aux Prix des libraires,  Superheroïnes nous fait voyager entre Vienne, Belgrade et Berlin en nous proposant de faire la rencontre de trois personnages aux superpouvoirs. L’auteure, Barbi Markov se démarque par la vivacité et la rapidité de son style en nous bombardant des slogans publicitaires qui nous sont si familiers. Elle profite de cette tribune pour mieux critiquer notre société avec une causticité exemplaire ainsi que dans un engagement total à l’égard de cette fiction urbaine à la forme éclatée, voire déjantée, propre à nous donner à réfléchir sur notre monde et sur la volonté d’améliorer son sort et celui de ses proches.

  • Marc-André Lavoie, libraire

Ces suggestions littéraires sont rendues possibles grâce à la participation à la Librairie Poirier.

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