Librairie Poirier – Suggestions de nos libraires – Février 2021

L’année de grâce, Kim Liggett, éditions Casterman

L’histoire se déroule dans un univers dystopique où les femmes naissent dotées d’une magie envoûtante. Une magie qui se traduit par la beauté et le charisme des jeunes filles, qui attirent dangereusement la gent masculine. Pourtant, même si les femmes sont avantagées par cette force, l’auteure choisit de donner aux hommes l’autorité et le pouvoir de transformer le don de magie en malédiction. Les femmes sont donc soumises à de nombreuses règles, comme de ne rien révéler sur ce qui se déroule durant l’année de grâce, ’durant laquelle un groupe d’adolescentes doit s’isoler dans un campement de fortune pour dissoudre cette magie ensorcelante avant de revenir vers leurs proches. Certaines pourront retrouver le mari qui les attend depuis leur départ et fonder une famille en espérant ne jamais donner vie à une fille. L’année de grâce est un mélange parfait entre La servante écarlate et Sa majesté des mouches, qui emprunte un peu à Hunger Games. Nous y suivons une jeune fille différente qui, suivant son rejet par les membres du campement, devra faire preuve de résilience et de courage pour affronter ses pairs ainsi que leurs ennemis, les braconniers. Cet excellent roman d’adolescent pourra plaire aux jeunes féministes et aux lecteurs d’histoires parallèles à notre réalité.

par Katrine Winter, libraire

Les danseurs étoiles parasitent ton ciel, Jolène Ruest, Les éditions XYZ

Jeune diplômée à l’École de Ballet, Prunelle voyait son avenir planifié à la perfection. N’ayant jamais connu l’échec, elle est déstabilisée lorsqu’elle remarque que sa vie prend soudainement une nouvelle direction. C’est à travers son parcours du quartier Hochelaga-Maisonneuve, en plus de quelques détours au Cap-de-la-Madeleine, que Prunelle confronte ses obsessions et ses désillusions. Heureusement, il y a le Dairy Queen et ses nouvelles rencontres qui la sortent de sa zone de confort en l’initiant aux imperfections et à l’univers punk. Alors qu’elle se remet en question, Prunelle prend conscience de ses capacités et décide tranquillement de se réinventer. Jolène Ruest nous propose une lecture remplie d’humour et de sensibilité où le monde de la danse classique se mélange parfaitement à celui de la crème glacée.

par Juliette Bossé, libraire

Les sorcières de Pendle, Stacey Halls, Éditions Michel Lafon

L’univers de Fleetwood est soudainement chamboulé lorsqu’elle découvre la missive envoyée par le médecin : si elle enfante à nouveau, c’est la mort qui l’attend. Accablée par la maladie, elle n’a aucune difficulté à croire que cette quatrième grossesse sera encore un échec, et cette fois, sa vie est en danger. Au fil des événements, sa confiance envers

Richard, son mari, ne fait que s’altérer gravement, et la jeune Shuttleworth devra donc prendre son destin en main et s’extirper de ce bourbier par elle-même.

Heureusement pour Fleetwood, la fortune lui sourit et l’amène à rencontrer la mystérieuse Alice Gray, une sage-femme d’exception qui connaît les propriétés des herbes médicinales. La guérison opère et tout se déroule pour le mieux jusqu’à ce qu’Alice se retrouve impliquée contre son gré dans les procès de sorcellerie à Pendle. Elle risque alors la peine de mort. Une amitié très forte pousse alors les jeunes femmes à transcender leurs conditions afin de se sauver mutuellement. Être femme au 17e siècle se présente déjà comme une condamnation en soi. Le chemin est périlleux, mais il y a Puck, fidèle compagnon canin, et le regard bienveillant des renards dans la forêt. Il semble aussi que les forces de la nature, même si elles paraissent indéchiffrables et parfois effrayantes, sont de leur côté, appuyant leur quête solidaire.

par Laurence Primeau, libraire

Humanité : une histoire optimiste, Rutger Bregman, SEUIL, collection Sciences humaines, 2020

Besoin d’un remontant ? Voici une lecture qui a de quoi vous redonner espoir en l’humanité. Rutger Bregman part de la prémisse que « la plupart des gens sont des gens bien. ». Il déconstruit la croyance populaire voulant que nos ancêtres étaient des êtres assoiffés de violence. Cette croyance a été popularisée par les médias, ceux-là mêmes qui n’ont accordé aucune attention aux très nombreuses recherches citées par Bregman qui énoncent le contraire. D’ailleurs, selon Bregman, « des dizaines d’études révèlent que les informations nuisent à notre santé mentale. » S’il est des livres qui peuvent changer le monde, celui-ci en est un : « La croyance en notre corruption morale est étrangement apaisante. Quelque part, elle nous disculpe. Si la plupart des êtres humains sont mauvais, alors ça n’a pas beaucoup de sens de résister et de s’engager. (…) Si, en revanche, on avance que l’être humain est fondamentalement bon, on doit réfléchir plus longuement pour expliquer l’existence du mal. Et on est forcé à agir, car alors la résistance et l’engagement prennent tout leur sens. » Ne vous laissez pas décourager par l’épaisseur du bouquin, il se lit comme un thriller.

par Isabelle Ayotte – La Gazette de la Mauricie 

 

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