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Suggestion de nos cinéphiles – par Charles Fontaine – Novembre 2020 

Je m’appelle humain

Québec. 2020. Documentaire de Kim O’Bomsawin avec Joséphine Bacon et plusieurs intervenants

On entre dans le film par la contemplation des plus beaux paysages du Nitassinan accompagnés de la poésie de Joséphine Bacon et on ne les quitte plus. Allant des événements littéraires mettant à l’honneur la femme de lettre innue jusqu’à la chasse au caribou sur les traces de Papakassik, tout en passant par des archives et des entrevues, le film se construit comme le récit d’une vie fascinante et authentiquement libre. À travers les mots de Joséphine Bacon et les plans sublimes de Kim O’Bomsawin, on progresse dans ce territoire sauvage et libre qu’est la poésie. Or, le film, bien plus qu’une clé de compréhension des poèmes, offre une véritable incursion dans le cercle intime de Bacon et nous ouvre un horizon d’interprétation riche et émouvant de toute cette démarche qui vise à transmettre un savoir, celui de ces ancêtres. Ainsi, par un retour sur la vie dans les pensionnats, sur le passage de la poète dans la métropole et sur son processus de réappropriation de l’identité innue, on découvre cette femme au rire communicatif ainsi que ces gens qu’elle aime et qu’elle souhaite nous présenter. À voir pour les images du Nord, la poésie des plans larges des paysages et ceux plus rapprochés pour toutes les petites choses qui comptent, mais surtout pour tomber sous le charme de Joséphine Bacon.

Le film prendra l’affiche dès le 13 novembre au Cinéma Le Tapis Rouge à Trois-Rivières.

Le mariage d’adieu (The Farewell)

É.-U. 2019. Comédie dramatique de Lulu Wang avec Awkwafina, Tzi Ma, Gil Perez-Abraham.

Dans ce film d’une grande tendresse, une jeune New-Yorkaise d’origine chinoise doit composer avec les réalités d’une famille aux influences à mi-chemin entre l’orient et l’occident lorsqu’elle apprend que sa grand-mère est atteinte d’un cancer fatal. Cacher la vérité à la malade pour lui assurer des derniers jours heureux et planifier le mariage bidon d’un cousin pour justifier une ultime réunion familiale, voilà le plan de ses proches. Mais, face à ce dilemme, la jeune femme à la raison métissée semble rongée par la culpabilité. « Tu crois que la vie de quelqu’un lui appartient, mais c’est la différence entre l’est et l’ouest : dans l’est, la vie d’une personne fait partie d’un tout, la famille », lui dira justement un oncle bien sage.

Sur le plan de la cinématographie, Lulu Wang signe un film d’une grande finesse : des compositions pleines d’assurance, une direction d’acteur irréprochable, une alternance comique et dramatique bien calibrée font du Mariage d’adieu un film à ne pas manquer. On y va d’autant plus pour se nourrir de savoureuses réflexions que nous propose le film sur le déracinement, les relations entre tradition et modernité et sur l’abîme culturel séparant l’Orient de l’Occident.

Le film est disponible sur vos services de diffusion sur demande favoris et sera représenté sur grand écran au Ciné-Campus de Trois-Rivières.

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