Judith McMurray – décembre 2019

CELLE QUE VOUS CROYEZ

Drame de Safy Nebbou. Avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia, Guillaume Gouix. France, 2019, 102 min.

 

Tomber amoureux virtuellement. Voilà ce que Safy Nebbou (L’empreinte, Dans les forêts de Sibérie) propose dans son dernier long-métrage, Celle que vous croyez. On y fait la rencontre de Claire (Juliette Binoche) cette quinquagénaire qui souhaiterait conserver une apparence de jeune femme. Suite à certains échecs amoureux, elle se créera une nouvelle identité sur Facebook. Grâce à celle-ci, elle prendra contact avec un jeune homme prénommé Alex (François Civil). Sans jamais se rencontrer, ils tomberont amoureux par voie de leurs messages virtuels et de leurs appels téléphoniques. Ce récit est très ancré dans la réalité des couples et des réseaux sociaux de nos jours. La réflexion du cinéaste vis-à-vis l’importance de l’image est fort pertinente. Jusqu’où l’humain est-il prêt à se rendre pour se sentir aimé et valorisé? Mentir aux autres? Mentir à soi-même? C’est là tout le questionnement du film.

PARASITE

Thriller satirique de Bong Joon-ho. Avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong, Choi Woo-shik. Corée du Sud, 2019, 132 minutes.

Par définition, un parasite est un être qui vit aux dépens d’un autre sans le détruire. C’est effectivement ce que l’on retrouve dans ce long-métrage : une famille qui vivra aux dépens d’une autre. Bong Joon-ho (Okja, Snowpiercer) dévoile ici son film le plus achevé. Il a d’ailleurs remporté la Palme d’or au Festival de Cannes le printemps dernier. On y met en scène la famille Kim issue d’un quartier modeste. Elle trouvera du travail auprès d’une famille riche, les Park. Il n’est pas possible d’en dévoiler davantage sur l’intrigue puisque le film prend, disons, une tournure inattendue. C’est une œuvre qui sait divertir et tenir en haleine tel un bon thriller. Le scénario est quant à lui riche et original ce qui rend le film difficile à classer. À la fois un drame, une comédie et un suspense, Parasite a tout ce qu’il faut pour vous déstabiliser.

DOULEUR ET GLOIRE

Drame de Pedro Almodóvar. Avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Penélope Cruz, Julieta Serrano. Espagne, 2019, 113 minutes.

À mi-chemin entre l’autofiction et la mise en abîme, le dernier film de Pedro Almodóvar Douleur et gloire laisse le sentiment d’un caractère très personnel. On met en scène un réalisateur (Antonio Banderas) qui après une carrière bien établie développera de nombreux troubles physiques qui l’empêcheront de vivre son quotidien normalement. Tout au long du récit, on fait un parallèle pertinent entre le présent et le passé de l’artiste. Ainsi, on pourrait peut-être penser qu’Almodovar y fait quelques aveux. Il est en effet difficile de savoir ce qui appartient à la réalité et à la fiction… Et c’est toute la beauté du film. Bien que Douleur et gloire soit assez sobre dans l’ensemble, on reconnait l’esthétisme coloré du cinéaste espagnol. On y retrouve d’ailleurs, certaines de ses thématiques fétiches (figure de la mère, le corps, etc.) pour le plus grand bonheur des fans!

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