Stéphanie Dufresne1. Que devrions-nous retenir de vous ?

Je suis d’abord une citoyenne engagée, mère de deux garçons, ex-entrepreneure, professionnelle de l’environnement, puis candidate du Parti vert. Dernièrement, à l’émission Tout le monde en parle, la chef du Parti vert, Elizabeth May, confiait qu’elle n’aimait pas particulièrement la politique. C’est pareil pour moi. Je crois toutefois que l’implication est nécessaire car nous sommes face à un défi qui nécessite un changement de paradigme, de façon à ce que l’humanité arrête de menacer le système qui la fait vivre. Il nous faudra du courage politique pour effectuer ces changements et je suis animée du désir d’y contribuer.

2. Pourquoi briguez-vous le poste de député.e pour votre circonscription? Comment expliquez vous votre choix de parti?

Nous traversons une période charnière de notre histoire, il faut faire face à la réalité : les efforts actuels sont insuffisants pour éviter une crise climatique aux conséquences irréversibles. La situation nécessite un plan d’intervention rapide et seul le Parti vert propose des cibles, actions et solutions à la hauteur de la situation. La population descend et manifeste dans les rues : elle nous interpelle et nous devons l’écouter! A titre de députée de Saint-Maurice-Champlain, je veux porter cette voix dans le débat public fédéral, à la chambre des communes.

3. Quelles actions comptez-vous poser pour répondre à l’urgence climatique? Êtes-vous favorable ou défavorable au passage au Québec d’oléoducs transportant des combustibles fossiles provenant de l’Ouest canadien ?

Le Parti vert s’est doté de cibles de réduction des gaz à effet de serre deux fois plus ambitieuses que celles des autres partis politiques (60% de réduction d’ici 2030, zéro émission en 2050). Ces cibles seront assorties d’une loi sur les changements climatiques qui exigera qu’elles soient respectées dans tous les secteurs de l’économie. La question climatique est trop importante pour être partisane et nous proposons de créer un cabinet transpartisan composé de représentants de tous les partis politiques, qui serait chargé de résoudre la crise climatique. A ce sujet, il faut à la fois sortir du modèle économique basé sur les combustibles fossiles et de la logique électorale à courte vue.

Le Parti vert n’autorisera aucun projet relatif aux combustibles fossiles : sables bitumineux, charbon, fracturation hydraulique, pétrole ou gaz fossile. A ce titre, nous souhaitons annuler la transaction du pipeline de Trans Mountain, éliminer immédiatement toutes les subventions à l’industrie des combustibles fossiles et cesser la production de pétrole issu des sables bitumineux d’ici 2030-2035. Le Parti vert est le seul parti politique fédéral qui s’oppose au projet de Gazoduq – GNL Québec, un projet polluant, financé par nos fonds publics et qui nuirait immensément aux efforts pour contrer le dérèglement du climat.

4. Plusieurs acteurs économiques de la région revendiquent depuis plusieurs années la mise en place d’un lien ferroviaire avec un train grande fréquence (TGF) dans le corridor Québec-Windsor. Ce projet de VIA Rail passerait par Trois-Rivières. Qu’allez-vous faire pour accélérer le processus?

La population a été abandonnée sur le plan des transports collectifs par les derniers gouvernements. Le Parti vert s’engage à réaliser un réinvestissement massif dans les structures de transport collectif à zéro émission de carbone, incluant la bonification du réseau ferroviaire de Via, des corridors interurbains comme le corridor Québec-Windsor ainsi que des dessertes en milieu rural. Ces services ferroviaires offriront un moyen de transport tout aussi pratique que l’avion pour les plus longues distances. Peu importe la place du Parti vert au sein de la prochaine chambre des communes, nous consacrerons à ce dossier une attention prioritaire pour accélérer la mise en place de ces projets.

5. Les transferts fédéraux en santé représentent aujourd’hui environ 20% des dépenses des provinces en santé alors qu’ils ont déjà compté pour 50%. Que comptez-vous faire pour rétablir les transferts fédéraux en santé tout en respectant les champs de compétence du Québec?

Les transferts fédéraux en santé ne sont plus à la mesure des changements démographiques rapides et de l’émergence d’une crise en matière de santé mentale et de toxicomanie. Par ailleurs, les changements climatiques sont l’une des plus grande menace qui pèse sur la santé de la population. Le Parti vert rétablirait l’accord fédéral-provincial sur la santé et accorderait des paiements de transfert en fonction des réalités démographiques et des besoins réels en matière de santé de chacune des provinces en remplaçant la formule actuelle basée sur la croissance du PIB. Le Parti vert croit qu’il y a lieu d’élargir le modèle universel de soins de santé à d’autres types de soins, tel que les soins dentaires. Nous souhaitons réorienter le mandat de Santé Canada pour englober la santé mentale, les problèmes de toxicomanie, la promotion de la santé et la prévention contre la maladie ainsi que les risques que posent les changements climatiques à la santé de tous et de toutes.

6. Quelle est votre position sur le rapport d’impôts unique?

Le Parti vert est favorable à la déclaration de revenus unique. Plusieurs vérificateurs généraux ont recommandé que l’ARC concentre ses efforts sur les personnes qui cachent de grandes fortunes plutôt que de mener des vérifications au hasard sur les Canadiens et les Canadiennes ordinaires. Nous proposons de convertir tous les emplois de l’ARC du centre fiscal de Shawinigan dans des unités de lutte à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux.

7. La crise des médias continuent de retenir l’attention. Les géants du Web que sont notamment Google et Facebook siphonnent les revenus publicitaires des médias imprimés. Comptez-vous imposer les revenus de ces géants et exiger qu’ils paient leur juste part de l’information?

Nous devons augmenter les revenus issus des trois paliers responsables de la diffusion numérique des arts et de l’information : les géants du commerce en ligne (Netflix, Google/YouTube, Amazon, Facebook etc.), les fournisseurs d’accès Internet et les plateformes numériques (Apple music, spotify etc). Le Parti Vert se joint au milieu de l’information et des arts pour mener la bataille qui fera en sorte que trois paliers paient leur part des droits d’utilisation de reproduction et de diffusion, à la mesure de la perte des revenus venant des supports physique (CD, vinyle, vidéo, livres, journaux, magazines etc.). Cela pourrait se faire notamment en ajoutant une surtaxe de 3% comme en France et en s’assurant que les plateformes payent leur TPS . Il faut également appliquer l’impôt sur les sociétés aux entreprises multinationales de commerce en ligne qui font affaire au Canada en exigeant que les fournisseurs étrangers s’inscrivent, perçoivent des taxes et les versent là où le produit ou le service est consommé.

8. Selon votre vision, quand, comment et par qui sera exécuté la gestion écoresponsable des déchets nucléaires et le démantèlement définitif de la centrale nucléaire de Gentilly-1, propriété du gouvernement fédéral ?

Nous sommes d’avis qu’il y doit y avoir une réforme de la politique et de la stratégie de gestion des déchets radioactifs au Canada. En ce moment, les normes de sûreté minimales de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne sont pas respectées et tout porte à croire que des fonds publics importants sont utilisés par des compagnies privés sous l’égide des Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) sans gain pour la sécurité et la santé publique. Un ménage doit être fait à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) qui pourrait être remplacée par une nouvelle instance indépendante, ayant un mandat visant d’abord l’éco responsabilité de la gestion des déchets nucléaires et une surveillance serrée du secteur.

Ceci étant dit, une gestion complètement écoresponsable des déchets nucléaires est utopique compte tenu de la persistance de la radioactivité dans l’environnement. Les déchets nucléaires de Gentilly 1 doivent être éloignés des cours d’eau et stockés le plus sécuritairement possible. Ce dossier démontre clairement que le nucléaire n’est pas une énergie verte et qu’elle comporte de sérieux problèmes pour la sécurité et la santé des populations.

9. La crise de la pyrrhotite dure depuis plus de 10 ans dans la région. Que comptez-vous faire pour poursuivre ou augmenter le soutien du gouvernement fédéral en la matière?

Selon la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, à ce jour, environ 1800 maisons auraient été réparées, ce qui représente moins du quart des maisons potentiellement touchées. Il est à prévoir que ce dossier prendra encore beaucoup de temps et nous sommes d’avis que le financement fédéral doit être poursuivi jusqu’à ce que toutes les victimes de la pyrrhotite puissent profiter des indemnisations.

10. Si vous êtes élu.e le 21 octobre prochain, quelles seront vos priorités en tant que député.e?

Rendre accessible le transport collectif électrique dans tous les villages et villes de la circonscription. Il n’y a pour ainsi dire aucun service dans nos villages en ce moment, les gens sont abandonnés par le gouvernement.

Soutenir la production et la consommation de produits alimentaires locaux. Au Parti vert nous voulons remplacer le tiers des importations alimentaires par de la production locale.

Éliminer les produits de plastique à usage unique à base de pétrole.

Bloquer le projet Gazoduc – GNL Québec. Un projet polluant, financé par nos fonds publics et qui va à l’encontre de nos efforts pour s’attaquer à l’urgence climatique.

Rendre obligatoire la conversion au biocarburant forestier de l’équipement des secteurs de l’agriculture et de la foresterie.

11. Enfin, pourquoi devrions-nous voter pour vous?

L’élection de cette année permet enfin aux électeurs de voter pour un leadership éthique, honnête et bienveillant ; pour un plan climatique basé sur la science et pour des représentants locaux qui font passer leur communauté en premier.

Les partis traditionnels construisent leurs campagnes électorales sur la peur l’un de l’autre. Le Parti vert vous encourage plutôt à voter pour un avenir que nous pouvons tous bâtir ensemble.

Une percée inattendue peut se produire lorsque les électeurs votent en étant motivés par l’espoir plutôt que par la peur. C’est arrivé à l’Île-du-Prince-Édouard et en Colombie-Britannique. Une forte représentation verte enverra un message clair à Ottawa.

Dans les prochaines années, nous devrons faire des changements d’une ampleur sans précédent. C’est notre seule chance de survie. Ayons l’audace d’élire les personnes qui auront le courage politique de stimuler et d’encadrer ces changements.

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