D.Lemay_WebDiane Lemay, janvier 2017

Le Protecteur du citoyen dans son rapport annuel s’inquiète des effets des compressions successives imposées sur le système public de santé par le gouvernement québécois. Selon lui, plusieurs groupes de personnes s’en trouvent pénalisés, principalement les personnes âgées.

Il somme le gouvernement, de cesser de remettre à plus tard la juste réponse aux besoins en soutien à domicile et à l’autonomie pour les personnes vulnérables. Les services de soutien à domicile contribuent à préserver la qualité de vie des personnes en perte d’autonomie. Ils aident à diminuer les périodes d’hospitalisation, à éviter ou retarder l’hébergement en institution Le Protecteur du citoyen reste préoccupé par les difficultés d’accès pour les personnes en perte d’autonomie. En 2014- 2015, seulement 13 % des personnes âgées en perte d’autonomie recevaient des services de soutien à domicile, bien en deçà des objectifs du Ministère à 16 %. Concrètement, 40 000 personnes âgées de 65 ans et plus demeurent en attente de services cette année, une augmentation de 15 % depuis 2015.

Selon des données récentes du ministère de la Santé et des Services sociaux, l’investissement est d’environ 5000 $ par personne bénéficiant de soins à domicile. En CHSLD, la personne hébergée engage des coûts d’environ 80 000 $. Pour une même somme d’argent public une personne pourrait bénéficier de services hebdomadaires de 28 heures du CIUSSS, 66 heures d’une entreprise d’économie sociale ou 96 heures d’un employé engagé de gré à gré grâce au Programme d’allocation directe – chèque emploi-service. Malgré ces chiffres, il y a diminution des heures offertes par les CIUSSS.

Le Protecteur du citoyen se dit aussi inquiété par l’épuisement des proches aidants. Certaines décisions ne tiennent pas compte des conséquences sur les usagers et leur famille. Les membres de la famille sont souvent traités par le système comme des aidants et non comme des proches. Pour l’instant le fardeau du maintien à domicile repose en grande partie sur leurs épaules. Plusieurs ne demandent pas d’aide, ils jugent les services inadéquats. La lenteur du traitement des demandes, la difficulté d’avoir accès aux soins en cas d’urgence et les refus les découragent avant même de commencer les démarches.

Ces lacunes constatées par le Protecteur du citoyen pourraient ouvrir la porte au privé, car si le réseau de la santé et des services sociaux ne parvient pas à ré- pondre aux besoins en matière de soutien à domicile, les citoyens plus nantis se tourneront vers les services privés avec tout ce que cela comporte comme conséquences (ex. détérioration des conditions de travail, moins d’emprise sur la qualité des services reçus, etc.).

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