Dans le cadre du neuvième projet Change le monde, une œuvre à la fois, qui culminera avec une exposition au Musée POP au mois d’avril 2020, le Réseau In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, s’associe à La Gazette de la Mauricie afin de produire neuf capsules vidéo et articles sur les enjeux abordés par les jeunes. Le projet intitulé Ensemble, on change le monde bénéficie du soutien financier du Secrétariat à la jeunesse et de la collaboration de la Maison des Grands-Parents de Trois-Rivières.

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L'anticonformisme

Alex Dorval – mars 2020

Qu’est-ce qu’on entend par anticonformisme? Qu’est-ce qui nous pousse à se conformer? Est-ce que sortir du moule nuit au bon fonctionnement du groupe ?

Un concept polysémique

L’anticonformisme est défini en sciences sociales par le non-respect des normes établies, de la pensée et des comportements acceptés comme normaux par une majorité. Cette définition très large qui répond à des besoins académiques ne correspond toutefois pas au sens – ou plutôt aux sens – populaires attribués à la notion d’anticonformisme.

On remarquera par exemple que l’anticonformisme dans les arts, la mode, l’entrepreneuriat et autres métiers qui requièrent de la créativité sera perçu comme synonyme d’originalité, d’audace et d’innovation. Or, si on s’occupe plutôt de juger des comportements transgressant les règlements à l’école, les politiques et lois institutionnelles, un anticonformiste sera davantage qualifié de problématique, déviant, voire même dangereux.

L’influence des pairs 

Dans son sens populaire, le terme s’emploie plus souvent pour parler des individus qui expriment un sens critique face aux comportements de leurs contemporains et qui inscrivent dès lors leurs pensées et actions en marge d’une certaine norme admise. Par exemple, ne pas céder à l’influence de nos pairs en refusant d’arborer telle ou telle marque, recourir à des stéréotypes langagiers ou encore ne pas embarquer dans la vague du consumérisme numérique et des réseaux sociaux sont des attitudes non-conventionnelles – à l’époque actuelle – qui sont associées par un groupe, au choix de ne pas se conformer, d’un individu ou d’un autre groupe évoluant au sein de la même société.

South Miller, créatrice Les Sages Fous – troupe de théâtre insolite et marionnettistes établis à Trois-Rivières dans l’église St-James

L’anticonformisme revient ainsi dans sa conception populaire à quelque chose qui se situe dans le regard de l’autre. Même si l’un peut s’auto-définir comme tel, ce jugement sur soi tire son origine d’une vision présumée que les autres se font de nous. Cette conception de l’anticonformisme peut toutefois contribuer elle-même à stigmatiser certains stéréotypes en ce qu’elle trace une ligne plutôt précise entre des camps de l’absolu avec d’un bord ceux qui se conforment et de l’autre ceux qui ne se conforment pas, laissant de facto l’individu face à deux seuls choix dans sa quête identitaire. Or, l’anticonformiste devrait plutôt se percevoir comme un mode de réaction permettant à l’individu de se trouver dans toute sa complexité sans avoir à se fier à une seule chose ou son seul contraire.

Répétition. Répétition! Répétition?

Nous apprenons en répétant, en imitant les autres. Cette forme de répétition primitive nous permet de nous adapter aux besoins du groupe et de répondre à nos propres besoins, un concept à la base de notre évolution personnelle et de notre quête de sentiment de sécurité, sentiment qui croit en vieillissant. À cette répétition élémentaire vient se juxtaposer graduellement au cours de notre vie une forme de répétition fac-similée qu’on pourrait qualifier d’automatique. On répète tel geste ou adopte tel discours parce qu’on a simplement compris que répéter, c’est éviter les conflits et c’est renforcer sa sécurité personnelle. L’anticonformisme correspondrait dans cette logique à une troisième forme de répétition : la répétition auto-critique. Une fois adoptée, ce mode de répétition devient en quelque sorte le leitmotiv de l’esprit critique qui se pose en réflexe de conscience sur les gestes automatiques et opinions stéréotypées que nous percevons chez nous-mêmes ou chez ceux qui nous entourent.

Sommes-nous des marionnettes ?

Ficelles du pouvoir, pressions des pairs, standards de beauté, opinions prémâchées. Pour ne pas se conformer il convient d’abord de faire le choix d’ouvrir les yeux sur les réalités imposées puis de faire le choix de défendre nos choix, de réagir, voire se révolter au besoin. Comme il est convenu que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en refusant tous les jours de répéter les gestes qui feraient de nous un forgeron qu’on ne le devient pas. Et il en va tout simplement de même des forgerons et des marionnettes.


Expérience de Asch, 1951

https://www.youtube.com/watch?v=7AyM2PH3_Qk

Blogue France Info

https://blog.francetvinfo.fr/dans-vos-tetes/2016/08/21/le-conformisme-ou-comment-letre-humain-devient-un-mouton.html

 

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