Agathe Gentili, 31 mars 2020

L’anxiété généralisée et le sentiment ambiant de peur qu’on observe depuis quelques semaines à cause de la propagation de la COVID-19 peuvent amener à prendre des décisions déraisonnables. Les autorités de la santé publique et les ordres professionnels nous alertent sur le danger des faux remèdes.

Des informations fausses qui circulent encore plus vite

Les informations circulent vite sur les réseaux sociaux. En période de confinement, elles sont relayées et commentées encore plus rapidement. Il devient donc d’autant plus important d’identifier les fausses nouvelles et de les stopper au plus tôt.

Le 27 mars dernier, Santé Canada a publié un avis concernant les produits de santé assortis d’allégations fausses ou trompeuses quant à leur capacité à prévenir, à traiter ou à guérir la COVID-19, car ces remèdes « maison » présentent des dangers pour la santé. Dans l’attente d’un vaccin ou d’un traitement homologués, certains particuliers s’administrent des remèdes plus ou moins efficaces en suivant des conseils de santé pas toujours fondés qui circulent en ligne et sur les réseaux sociaux. Auparavant, le 17 mars, l’agence France Presse, dans un communiqué de vérification des informations, avait insisté sur l’inutilité de boire de l’eau bouillie avec de l’ail, de boire de l’eau toutes les 15 minutes ou de se rincer la bouche avec de la solution saline pour neutraliser le virus. Ce qui est primordial, c’est l’usage de savon pour les mains et de désinfectant pour les surfaces ainsi que le port de masques et de blouses de protection individuelle pour les soignants, tout comme le maintien d’un stock suffisant d’écouvillons pour prendre les échantillons de test.

Des risques supplémentaires pour la santé

Utiliser des produits dont l’efficacité n’est pas démontrée peut donner un faux sentiment de protection à l’utilisateur. Les gels hydroalcooliques de type Purell ne peuvent pas être remplacés par de l’acétone, contenu notamment dans le dissolvant pour vernis à ongles, ou par du peroxyde d’hydrogène (ou eau oxygénée), utile pour désinfecter les plaies. Ces deux produits vendus en pharmacie ont d’autres usages et ils peuvent causer plus de tort que de bien quand on les emploie différemment. En effet, même si sa concentration pour un usage cosmétique est très faible par rapport à celle d’un produit désinfectant disponible en pharmacie, l’eau oxygénée peut blanchir la peau en cas d’utilisation abusive. Dans le gel désinfectant, d’autres composants, tels que la glycérine, permettent de ne pas irriter la peau. Retenons que le sentiment d’urgence et la peur qui règnent, combinés au manque de gel hydroalcoolique, peuvent entraîner de mauvaises décisions et créer des risques supplémentaires pour la santé.

Christian L. Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec (AMQ), rappelle dans son communiqué du 30 mars 2020 que « les gels antibactériens peuvent dépanner, mais ne remplaceront jamais un lavage efficace à l’eau savonneuse ». Cette association publie d’ailleurs sur son site Internet des informations relatives aux mesures préventives efficaces à mettre en œuvre. Le document de synthèse sur le lavage des mains et la propagation est particulièrement bien réalisé.

L’importance de suivre les informations des organismes officiels

L’Organisation mondiale de la santé, les services de santé publique provinciaux et fédéraux ou les associations professionnelles (ordre des chimistes, des pharmaciens ou association des microbiologistes) constituent des sources officielles d’information. Leur compétence et leur objectif sont clairs : ils ne cherchent pas à vendre des produits ni à convaincre que leur message est meilleur que celui de la concurrence. Ils défendent le bien commun et vulgarisent des informations techniques et scientifiques au bénéfice des citoyens.

Le ministère fédéral de la Santé a mis en ligne deux formulaires de plainte. Il est donc possible de faire un signalement relativement à des instruments médicaux et des produits de santé par le biais du site de Santé Canada. Une base de données des produits naturels et pharmaceutiques est également disponible en ligne pour vérifier l’homologation des produits. Depuis le début de la pandémie, ce ministère a déjà envoyé plusieurs courriers à des entreprises en leur demandant de retirer les allégations fausses ou trompeuses diffusées sur leur site Internet ou dans leurs publicités. Conclusion : la vigilance est absolument de mise en ces temps de pandémie.

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Sources :

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