Cet article s’inscrit dans le cadre du projet Proche en tout temps porté par Le Gyroscope et Le Périscope, deux organismes de la Mauricie venant en aide aux proches de personnes vivant avec des problématiques de santé mentale. Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier de l’Appui Mauricie. Pour rejoindre l’équipe du projet Proche en tout temps, contactez-les par courriel au info@procheentouttemps.org.

Marianne CornuMarianne Cornu – Proche en tout temps – Février 2021 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique qui affecte plus de 23 millions de personnes dans le monde et se caractérise par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du sentiment de soi et du comportement. Le ressenti comporte souvent des hallucinations, le fait d’entendre des voix ou de voir des choses qui n’existent pas, et des délires, des convictions inébranlables ou fausses.

On peut distinguer dans la schizophrénie des symptômes dits positifs et d’autres dits négatifs. Les symptômes positifs sont des « ajouts » aux pensées d’une personne, à ses perceptions ou à ses comportements, comme par exemple des hallucinations, des idées délirantes, une désorganisation. Ces symptômes se manifestent plus fortement lors d’une phase aiguë qu’on appelle aussi décompensation et qui correspond à un épisode de psychose. Les symptômes négatifs, eux, sont en quelque sorte des « pertes », une diminution des aptitudes comme des difficultés à communiquer, une baisse d’énergie et de motivation, une hygiène qui laisse à désirer, une difficulté à ressentir de la joie, une capacité de penser plus lente, etc. Les symptômes varient évidemment d’une personne à l’autre et ne se manifestent pas tous en même temps.

Évolution du trouble avec l’âge

Selon l’âge où la personne a développé ses premiers symptômes, l’évolution se fait différemment. La manière dont la personne a été traitée lors de l’apparition des symptômes fait aussi une différence. Par ailleurs, les psychoses laissent des traces au cerveau : plus la personne en fait, plus elle risque d’avoir des conséquences. De là l’importance d’un bon traitement et d’un soutien adéquat.

La schizophrénie développée de manière précoce, avant 40 ans, s’améliore généralement avec le temps : la personne atteinte expérimente en vieillissant moins de symptômes dits positifs, toutefois les symptômes négatifs ont tendance à s’accentuer. Il faut surveiller particulièrement les signes de dépression et les idées suicidaires. Pour la schizophrénie a début tardif, qui survient après 40 ans (mais avant 60 ans), le pronostic est d’ordinaire meilleur et les personnes touchées éprouvent moins de complications en vieillissant. Des symptômes qui s’apparentent à la schizophrénie apparaissant après 60 ans sont fréquents, il faudra cependant faire attention et investiguer pour connaître les causes (dépression psychotique? Délirium?).

Afin de bien venir en aide à une personne aînée vivant avec la schizophrénie, il importe de bien se renseigner, d’éviter de propager de fausses informations, comme quoi par exemple les personnes vivant avec la schizophrénie seraient dangereuses ou encore que la schizophrénie est un dédoublement de personnalité. – Crédits : Huntstock

Soutenir un proche aîné vivant avec la schizophrénie

Tout d’abord, pour bien venir en aide à la personne, il importe de se renseigner, d’éviter de propager de fausses informations comme quoi par exemple les personnes vivant avec la schizophrénie seraient dangereuses ou encore que la schizophrénie est un dédoublement de personnalité. Ce n’est généralement pas le cas.

Comme membre de l’entourage, il est toujours aidant d’avoir une attitude empathique, d’établir le plus possible une collaboration positive en impliquant la personne concernée dans les décisions qui la concernent.

En cas de crise, il faut éviter de toucher la personne, de trop rentrer dans sa bulle. Il ne sert à rien de confronter la personne à propos de ses délires, de ses hallucinations. Elle se sentirait incomprise et cela pourrait même lui faire perdre davantage ses points de repères avec la réalité. Après la crise toutefois, il peut être possible d’en parler et d’aider la personne à faire la distinction entre le réel et le délire, sans juger, sans critiquer.

Finalement, comme membre de l’entourage, il ne faut pas hésiter à se faire aider pour mieux aider. Il y a des professionnels dont c’est le travail.

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