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Jean-Yves Proulx et Valérie Delage

Le pipeline Énergie Est parcourra quelque 700 km en sol québécois et transportera quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole, soit plus de 2000 litres à la seconde.

Bien que Transcanada fasse valoir que le dossier de sécurité des oléoducs au Canada est de 99,9994 % et vante son système de vigilance électronique, il n’en demeure pas moins que des documents obtenus par la télévision anglaise de Radio-Canada révèlent que 1 000 incidents ont eu lieu au Canada de 2000 à 2012, leur nombre passant du simple au double au cours de ces douze ans. De plus, en dépit des systèmes de vigilance électroniques existants, on estime à 40% le pourcentage des fuites d’abord détectées par la sécurité civile ou la population.

Une étude réalisée à la demande de la MRC d’Autray , voisine de la MRC de Maskinongé, par deux firmes de consultants des secteurs de l’énergie, de l’environnement et du développement durable, J.Harvey Consultant et ECOgestion-solutions, conclut qu’il pourrait s’écouler plusieurs semaines avant qu’on puisse détecter une fuite laissant s’écouler moins de 1,5 % du débit total de l’oléoduc, laquelle représenterait pas moins de 2,6 millions de litres de pétrole déversés par jour dans l’environnement. Selon la Commission ontarienne de l’énergie, l’attente maximale entre une alerte et la fermeture des vannes concernées serait de 22 minutes. À raison de 2000 litres de pétrole à la seconde, 22 minutes pourraient sembler bien longues…

Hydro-Québec révélait récemment que la présence de lignes électriques de haute tension le long du parcours de l’oléoduc engendrerait des problèmes de corrosion accélérée. Cette information est corroborée par Mme Julie Cusson, porte-parole de la société Énergie Valero, qui indiquait que le pipeline Saint-Laurent, propriété de l’entreprise, semblait avoir 10 ans d’âge après seulement 9 mois d’usage en raison de la corrosion accélérée résultant de « la combinaison des terres humides que traverse le pipeline et de la proximité des pylônes d’électricité d’Hydro-Québec ».

D’autre part, selon Équiterre, le transport par oléoduc du pétrole issu des sables bitumineux se révèle beaucoup plus dangereux que celui du pétrole conventionnel du fait qu’il est très acide (jusqu’à 20 fois plus), plus abrasif de par sa teneur en sable et plus visqueux, donc devant être transporté à plus haute pression.

Et en cas de déversement, qui paiera la note? Ressources naturelles Canada répond : l’exploitant, pour la totalité des coûts, s’il est en faute; seulement le premier milliard si ce n’est pas le cas. Quant à savoir sur quelles bases seront déterminées les responsabilités quand les sommes en jeu sont aussi gigantesques? On peut facilement imaginer les recours juridiques que cela pourrait entraîner et… bien malin celui qui pourra en prédire l’issu.

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