La Gazette de la Mauricie, en collaboration avec la Caisse d’économie solidaire Desjardins et différents partenaires régionaux, vous présente la série Cap sur l’innovation sociale. Dans chacune de nos parutions d’ici juin 2019, nous mettrons en lumière un projet citoyen ou une initiative entrepreneuriale qui répond de façon originale à un besoin de notre collectivité. Voici le cinquième de cette série de neuf articles qui accompagnent les capsules vidéos diffusées sur notre site gazettemauricie.com. Cet article est réalisé en collaboration avec Environnement Mauricie.

 

Gazette de la Mauricie

Steven Roy Cullen, février 2019

En septembre dernier avait lieu un tout premier événement du type Repair Café en Mauricie. Organisé à Saint-Étienne-des-Grès par le Comité citoyen carboneutre de Maskinongé, cette activité avait pour objectif de réduire notre surconsommation et toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) en découlant.

Bulletin peu reluisant

Le bulletin du Canada en matière de gestion des déchets est peu reluisant. Selon les plus récentes données, le Canada se classe bon dernier parmi les 17 pays de l’OCDE en termes de production de matières résiduelles. En 2014, 858 kg de déchets par habitant ont été générés. En fait, le pays produit 2 % du volume des déchets dans le monde, alors que seulement 0,5 % de la population mondiale y réside.

Repair Café
Kilogrammes de matières résiduelles générées par habitant dans les pays de l”OCDE.

 

Au Québec, le bilan provincial de 2015 indiquait une quantité de matières résiduelles éliminées de 685 kg par habitant. Cette quantité exclut tous les autres résidus que nous détournons de l’enfouissement, mais que nous surproduisons en raison notamment de l’obsolescence planifiée. Bref, nous consommons et jetons énormément. Toute cette consommation engendre des émissions de GES et pollue notre environnement.

Réduire les GES par la réparation

Bien au fait de cette réalité, les membres du Comité citoyen carboneutre de Maskinongé ont décidé de se mettre en action pour aider les citoyens et citoyennes à conserver plus longtemps leurs vieux objets du quotidien en organisant un premier Repair Café dans la région. Aussi appelé Café-réparation ou Répar-O-Thon, ce type d’événement réunit des bénévoles bizouneux et bizouneuses qui, le temps d’une journée ou d’une soirée, réparent les objets brisés que leur apporte la communauté.

« C’est surtout une occasion de parler de notre surconsommation, du fait qu’on n’est plus capable de réparer des objets et qu’on est un peu obligé d’en racheter des nouveaux. Donc, c’est de reprendre le contrôle, de devenir un acteur et non pas un simple consommateur », explique Thierry Archambault-Laliberté, membre du comité.

Les gens peuvent faire réparer toute sorte d’objets du quotidien. Il peut s’agir, par exemple, d’un grille-pain, d’un téléphone cellulaire, d’un ordinateur, d’un pantalon ou d’un jouet. « On a identifié quatre postes de réparation où nos bénévoles bizouneux peuvent essayer de trouver une solution. On a les petits objets sans-fil, les petits objets électroniques, les textiles et les ordinateurs et téléphones », indique-t-il.

Réapprendre à réparer

Toute personne qui apporte un objet brisé au Repair Café est invitée à participer à sa réparation. Les bénévoles transmettent ainsi leur savoir-faire et contribuent à réinstaurer une culture de la réparation. « Les bénévoles sont des citoyens qui aident d’autres citoyens. Ça crée un sentiment de communauté », se réjouit M. Archambault‑Laliberté.

Les organisateurs du Repair Café en septembre veulent récidiver au moins deux fois par année. Un nouvel événement intitulé Maski s’répare aura d’ailleurs lieu le 9 mars de 13 h à 17 h au café de village La Bezotte à Yamachiche.

Dominic Champagne

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