Diane Lemay, mai 2019

La forêt mauricienne regorge de richesses insoupçonnées. Nous l’habitons et l’exploitons malencontreusement d’une façon limitée. Si nous nous mettions à la vivre, la cultiver, la jardiner ?

Historiquement, notre rapport à la forêt s’est limité à l’exploitation et la commercialisation de la matière ligneuse tirée de l’abattage des arbres. Pourtant la forêt regorge d’autres ressources dites « produits forestiers non ligneux » (PFNL) dont plusieurs sont comestibles. On parle ici de laitues, de légumes, des champignons, de fleurs comestibles, de fruits, de noix, de jus, de sirops et de épices.

Yvan Perreault, mycologue et fervent défenseur des PFNL est en quelque sorte une sommité en la matière. J’ai eu le plaisir de faire sa connaissance dans le cadre d’une formation d’initiation aux champignons sauvages. Homme passionné à la chevelure hirsute et au verbe enivrant et intarissable, M. Perreault est, entre autres, président du Cercle des Mycologues de Lanaudière-Mauricie (CMLM) et administrateur de l’Association pour la Commercialisation des Produits Forestiers Non Ligneux (ACPFNL).

champignon cèpe forêt nourricière
La forêt regorge de produits comestibles comme le Cèpe d’Amérique que nous aurions avantage à redécouvrir selon M. Yvan Perreault, mycologue et fervent défenseur des produits forestiers non ligneux.
Crédits : Flickr, Charles de Milles-Isles

Véritable ambassadeur des produits du terroir forestier québécois, M. Perreault se dédie tel un pionnier à la mise sur pied de ce qu’il est de plus en plus convenu d’appeler des fermes forestières, de futures unités qui exploiteront sur le mode innovant de la permaculture l’ensemble des ressources comestibles nordiques et contribueront à la revitalisation des économies régionales.

Selon M. Yvan Perreault, comparativement aux Européens nous accusons un retard dans la mise en valeur des PFNL. Ceux-ci ont un énorme potentiel nutritif et constituent actuellement un marché en très forte expansion. Considérés à l’heure actuelle par les plus grands chefs cuisiniers comme des authentiques produits de terroir, les produits forestiers non ligneux se sont invités dans les émissions références des foodies et sont devenus de véritables stars de la gastronomie avant-gardiste. Ils invitent à la créativité et à l’innovation.

Lui-même, producteur de noix et membre du Club des Producteurs de Noix Comestibles du Québec, Yvan Perreault est copropriétaire d’un verger de 35 acres, le Jardin des noix, dans la région de Lanaudière. Cet amoureux de la forêt invite les entrepreneurs et producteurs à aller de l’avant et à favoriser le développement de ces nouvelles ressources. Les produits forestiers non ligneux sont, soutient-il, maintenant reconnues comme des vecteurs de développement régional puisqu’ils contribuent à accroître le croissance économique et touristique des régions et revitalisent des villages autour de projets rassembleurs.

« Nous avons perdu comme Québécois en développant une agriculture sur le modèle européen. Nous avons oublié que nous sommes des Nordiques. Nous aurions tout à gagner en nous réappropriant le potentiel de nos forêts, en prenant pour exemple les anciennes forêts nourricières des Premières nations », affirme l’entrepreneur mycologue en conclusion.

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