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Valérie Deschamps – Chronique estivale mauricienne – Juillet 2020

Le Moulin Seigneurial de Pointe-du-Lac, le Vieux presbytère de Batiscan ainsi que le Manoir seigneurial à Sainte-Anne-de-la-Pérade trônent en joyaux patrimoniaux régionaux tout au long de la route 138. Sous l’appellation « Récits qui font jaser », l’équipe administrant ces trois lieux les met en valeur dans un parcours touristique historique.

Ça jase fort le long du Chemin du Roy. J’arrive à Pointe-du-Lac, tout juste devant le Moulin seigneurial. Composé de deux parties, un moulin à farine datant de 1765 ainsi qu’un moulin à scie célébrant son 71e anniversaire, le musée m’accueille à bras ouverts. C’est dans cette ambiance mi-post-conquête, mi-contemporaine, que je rencontre mon hôte, Kim Gladu, coordonnatrice au service à la clientèle et aux communications. « Récits qui font jaser, c’est aussi parce qu’on a voulu mettre l’accent sur les histoires que ces sites avaient à raconter, à échanger avec les visiteurs », me dit-elle.

Moulin Seigneurial de Pointe-du-Lac – Crédits photo: Valérie Deschamps

Bien que ces échanges puissent être quelque peu bouleversés par la pandémie, Kim explique qu’outre les sorties scolaires annuelles, les événements annulés ainsi que la venue de touristes étrangers impossible cette année, les gens répondent présents. Un peu comme s’il y avait une redécouverte pour les attraits de « notre coin de pays ». Les chiffres sont équivalents à l’an dernier, ce qui représente une nouvelle fort encourageante pour l’équipe. D’ailleurs, bien que certaines activités dans les expositions soient mises sur « pause », les visites peuvent se faire comme à l’habitude soit avec un guide (arborant masque ou visière) ou bien librement grâce aux panneaux d’interprétation installés sur les murs. « On a aussi décidé d’enregistrer un audioguide disponible sur Internet et accessible directement sur les appareils des visiteurs », précise Kim.

Bien que je sois déçue, mais non pas étonnée, de ne pas pouvoir faire mon propre pain (je me suis pratiquée pendant le confinement !) activité proposée habituellement dans l’exposition Maître meunier, nous partons découvrir les racoins du moulin ainsi que les trois autres bâtiments historiques du circuit.

Meunier, tu dors […]

Impressionnantes structures et planchers — tout sauf à l’équerre — forment la partie la plus vieille du moulin à farine de la seigneurie de Tonnancour. C’est la vie d’un meunier qui y est racontée. Véritable lieu de rassemblement, le moulin datant du XVIIIe siècle regorge de secrets et d’anecdotes des plus savoureuses. Ne cherchez pas la turbine qui activait les mécanismes, elle a été volée. À l’aide de voiture ? De plusieurs hommes ? Bien installée sur une épaule ? L’histoire ne le dit pas. Mais depuis, elle n’a jamais été revue.

Aux côtés des pierres des champs se trouve le moulin à scie, construit en 1949 par la communauté des frères de l’Instruction chrétienne. Une entrée par la grande porte s’agrémente bien des résidus de bois laissés par les écureuils encore en visite et de l’odeur des bûches prêtes à être sciées. Bien que ce moulin ait été davantage artisanal qu’industriel, sa structure plus modeste, mais d’impressionnante constitution est révélatrice d’un mode de vie particulier des travailleurs du bois au milieu du siècle dernier.

Une église ? Non, un presbytère !

Direction Est sur la route 138. Quelques mètres avant d’arriver au centre du village de Batiscan, trône depuis 1816, un vieux presbytère, sans église. Grâce au mobilier authentique et antique prêté par le Musée de la civilisation, c’est littéralement une incursion dans la vie quotidienne d’un curé de campagne. Chambre, cuisine, vie de foyer, potager ancestral, tout est pensé pour accompagner l’exposition Sacré Curé ! racontant le quotidien du curé Wenceslas Théophile Fréchette et de sa ménagère Adéline. Une chose laisse tout visiteur perplexe, l’absence flagrante d’église aux abords du bâtiment. Vous pourrez découvrir lors de votre visite les raisons de son absence, de sa disparition. « Sacré Curé ! » sont les mots ayant raisonné dans ma tête.

Domaine Seigneurial Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-la-Pérade – Crédits photo: Valérie Deschamps

Petites et grandes histoires de seigneurs et seigneuresses

Derrière les fleurs et plantes trônant dans le jardin, s’élève en reine et maîtresse la tour construite au XIXe siècle du Domaine seigneurial Sainte-Anne. Nouveauté de cette année, le Domaine s’est refait une beauté. La partie la plus ancienne du bâtiment ayant brulé en 1927 a été reconstituée. D’ailleurs, cet emplacement vient avec une valeur ajoutée : les ruines en pierres des champs sont toujours visibles de l’extérieur comme de l’intérieur. Lieu extérieur d’agréable détente pour un pique-nique avec vu magnifique. À l’intérieur, vous pourrez découvrir les récits de la fougueuse Madeleine de Verchères, la vie et les œuvres de l’artiste anglaise Elizabeth Hale ainsi que les récits rocambolesques de l’ancien premier ministre du Québec, Honoré Mercier.

Vous pouvez visiter ces trois musées 7 jours sur 7, entre 10 h et 17 h, jusqu’au mois d’octobre. Visitez recitsquifontjaser.com pour plus d’informations. Comme quoi il est possible de joindre l’utile à l’agréable en découvrant ces parties de notre « chez nous » !


Un merci spécial à Kim Gladu, Sabrina Melançon et Kathy Teasdale pour leur temps et leur générosité.

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