Stéphan Béland, novembre 2015

ras le bol automnoal
PHOTO: Stéphan Béland

Nous n’apprendrons rien à personne en affirmant que les employé-e-s du secteur public sont en négociation cet automne. Depuis que leur convention collective est venue à échéance en mars 2015, les employé-e-s de l’État revendiquent de meilleures conditions de travail et, pour ce faire, adopte un plan de mobilisation pour faire pression sur leur employeur, le gouvernement du Québec.

Le point culminant d’un plan de mobilisation est, bien sûr, la grève. Ultime moyen de pression qui démontre combien les travailleuses et travailleurs des réseaux de la santé, de l’éducation et des autres services publics peuvent en avoir ras-le-bol de constater, jour après jour, combien leurs conditions de travail – qui sont souvent reliées étroitement aux services qu’elles et qu’ils donnent aux patients, aux étudiants et autres « usagers » – se détériorent graduellement. Ces salarié-e-s sont tellement rendu-e-s épuisé-e-s, au bout du rouleau, qu’ils n’ont pas hésité à voter, dans une très grande proportion, pour des coupes de leur paie en faisant la grève. Certains de ces salariés du secteur de la santé ont même été étonnés de voir que, en fonction des services essentiels que l’employeur doit maintenir pendant une journée de grève, un plus grand nombre de travailleuses et travailleurs sont « sur le plancher » qu’en temps de travail normal! Alors, il peut être parfois étrangement heureux que, dans notre belle région, plusieurs journées d’arrêt de travail se soient tenues à la fin octobre et à la mi-novembre.

Dans la vie, il y a le salaire… et il y a aussi les êtres humains !

Il est vrai que ces travailleuses et travailleurs réclament des augmentations salariales pour, notamment, « s’ajuster au coût de la vie ». En effet, chacune et chacun méritent de bien vivre et il est reconnu historiquement que les gains faits par les syndicats, dans toute négociation, amènent un nivellement vers le haut pour la société en général. Nous pouvons penser au salaire, mais également à divers types de congés comme les congés de maternité. L’employeur devrait généralement savoir également que c’est un des moyens d’attraction ou de rétention du personnel.

Mais toutes et tous sont conscients que les revendications des employés de l’État viseront tôt ou tard une amélioration de la qualité du service que ces derniers offrent à la population. D’où l’engagement encore plus profond de certaines personnes et d’où aussi l’appui d’une grande partie de la population face aux revendications des salariés. D’ailleurs, s’il n’est pas toujours facile, comme travailleur du réseau des services publics, d’exercer des moyens de pression sur son lieu de travail – car la valeur « humaine » reste toujours en « toile de fond » – c’est aussi grâce à cette même valeur que le personnel syndiqué n’hésite pas à revendiquer des meilleures conditions pour toutes et tous.

Métier, profession, vocation, passion ?…

C’est cette valeur humaine qui, parfois, peut faire glisser le discours des gens – ou du gouvernement lui-même – vers la fameuse question de vocation. Quand des enseignants, par exemple, se font dire que, s’ils tiennent tant que ça à leurs services pour leurs élèves, ils n’ont qu’à moins réclamer d’augmentations salariales. Le gouvernement aurait alors plus d’argent disponible pour les services aux élèves. Un tel discours met une pression indue sur le personnel enseignant comme si c’était une bande de « sans-cœur », ne pensant qu’à leur portefeuille au lieu du bien-être de leurs élèves. Et pourtant!… Pour ce corps d’emploi, la bataille est bien entre autres de « ramener au bercail » le milliard de dollars qu’on leur a enlevé en compressions budgétaires au cours des 5 à 7 dernières années. Couper les postes de deux techniciens en éducation spécialisée dans une école secondaire à cause des compressions, ça peut faire des dommages!

Plus qu’une négociation : un « sauvetage » du système public

S’il existe une kyrielle d’études pour démontrer les avantages (monétaires et autres) pour la population d’avoir un réseau de services gérés par l’État, il pourrait être tentant d’en faire sur la valeur de l’investissement, par exemple, qui peut être fait dans le monde de l’éducation. Dans nos écoles, on le voit actuellement avec tout ce qui a été fait pour contrer l’intimidation, la prévention est de mise pour vivre en « bon citoyen ». Se recentrer de cette manière sur l’être humain ne peut sûrement pas faire de tort à la population… ou au taux de criminalité, par exemple. Au lieu d’y aller par répression, pourquoi ne pas tenter la prévention?

Bref, il s’agit là d’une matière à réflexion qui porte sur un seul des secteurs de nos services publics qui peuvent être d’une utilité incommensurable pour notre société.

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