Par Florie Dumas-Kemp, novembre 2016

Diane Normandin et Lucie Charette sont toutes deux proches aidantes depuis de nombreuses années. Leur parcours respectif les a amenées à devenir respectivement formatrice et conférencière au sein du Regroupement des aidants naturels de la Mauricie. Nous vous présentons leurs portraits.

C’est en 2010, lorsque les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer sont apparus chez sa mère, que Diane Normandin a réalisé qu’elle vivait une situation de proche aidance depuis déjà 40 ans. Cette transformation dans la relation avec sa mère lui a fait prendre conscience de la dynamique d’aidante‑aidé qui caractérisait déjà sa relation avec son fils depuis plusieurs années. Comme elle le souligne elle-même, souvent on ne pense pas que « la relation mère-fils [puisse] être une relation de proche aidance. ». Pour Lucie Charette, c’est en allant chercher des ressources auprès du Regroupement des aidants naturels de la Mauricie pour l’aider dans sa relation avec sa mère qu’elle a pris conscience du rôle de proche aidante qu’elle remplissait depuis déjà plus de 25 années. « J’ai fait le saut quand j’ai vu que j’étais aidante naturelle depuis tant d’années. », raconte-t-elle.

Un épuisement subtil 

Lucie décrit le travail qui vient avec le rôle de proche aidante : « L’épuisement c’est subtil, on ne s’en rend pas compte […]. On veut toujours en faire plus, en faire plus. Puis on ne veut pas déplaire, puis on ne veut pas aller demander de l’aide non plus, de peur de faire sentir notre aidé.e […] coupable. ». Pour sa part, Diane compare la charge à un travail de « pompier », où la personne est continuellement appelée à « répondre au feu » et aux imprévus qui peuvent toujours arriver. Comme elle le raconte, la charge des personnes proches aidantes est très lourde. Ces dernières se trouvent confrontées à un travail difficile : « on devient comme le parent de notre parent ».

Développer des forces 

Malgré la lourde responsabilité, Lucie raconte que la relation de proche aidance permet de devenir une meilleure personne : « On apprend tellement, on apprend peut-être plus à écouter les besoins de l’autre personne. ». Selon cette conférencière, cela permet aussi de se découvrir des habiletés et des forces « qui nous aident dans tous les domaines de notre vie ».

Du soutien pour les proches aidant.e.s

Dans son travail de formatrice, Diane constate que les gens tardent à demander de l’aide, déjà épuisé.e.s par toute la responsabilité qui vient avec le rôle « imposé et assez complexe » qu’est la proche aidance. Elle conseille donc aux personnes de venir chercher des outils le plus tôt possible afin de mieux comprendre la dynamique aidant.e‑aidé.e dans laquelle elles se trouvent et ainsi se « dégager de la culpabilité » qui vient avec leur rôle. Lucie conseille aussi fortement de suivre les formations afin de « prendre conscience des forces […] puis des limites qu’on a. ». Finalement, elle insiste sur le fait que les aidant.e.s et les aidé.e.s vivent « souvent sans le dire […] les mêmes émotions, mais à des degrés différents » et qu’il peut être bénéfique de pallier la carence communicationnelle associée à ces « non‑dits ».

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