Valerie Delage Gazette de la MauricieValérie Delage, janvier 2018

En novembre dernier avait lieu à Trois-Rivières une consultation publique organisée par le Mouvement démocratie nouvelle (MDN), dans le cadre d’une tournée du Québec intitulée Chaque voix compte. L’organisme citoyen non partisan menait cette série de rencontres afin de définir quel système électoral représenterait le plus justement la diversité d’opinion de la population.

Le président de MDN, Jean-Sébastien Dufresne, qui animait la soirée, précise qu’« en décembre 2016, l’ensemble des partis politiques d’opposition — Parti Québécois, Coalition Avenir Québec, Québec Solidaire, Option Nationale, Parti Vert du Québec — a signé une entente visant à ce que la représentation proportionnelle soit introduite à l’Assemblée nationale en vue des élections de 2022. »

mode de scrutin
Jean-Sébastien Dufresne, du Mouvement démocratie nouvelle (MDN), lors d’une manifestation contre la décision du gouvernement de Justin Trudeau de ne pas réformer le mode de scrutin.
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Effectivement, en cette année électorale, le mode de scrutin risque de devenir un enjeu incontournable puisque, lors de la consultation, tout le monde s’est montré favorable à un changement vers un scrutin proportionnel mixte compensatoire. Mais comment fonctionnerait ce système ? « En gros, il y aurait deux choix à faire sur le bulletin de vote : un pour élire une personne dans notre circonscription, un autre pour choisir le parti qui correspond le mieux à nos valeurs. Ainsi, si les proportions de sièges obtenus par circonscription pour chacun des partis ne reflète pas les pourcentages nationaux de ces partis, on va compenser en allouant des sièges supplémentaires à partir d’une liste de candidates et candidats pour s’en approcher », explique monsieur Dufresne. Il ajoute que « 85 % des pays industrialisés ont déjà adopté un mode de scrutin visant à représenter fidèlement les proportions d’appui à chacun des partis. On veut s’inspirer des meilleures pratiques dans le monde ». De fait, notre système de scrutin actuel est hérité de la tradition britannique, nous ne l’avons jamais choisi délibérément. Il est donc normal de vouloir se doter d’un système réellement à l’image de notre société. D’ailleurs, lors d’un sondage CROP effectué en 2015, 70 % de la population québécoise s’est déjà prononcée pour ce changement.

Et quels ont été les arguments en faveur de ce système électoral invoqués au cours de la consultation à Trois-Rivières ? L’animateur les résume pour nous : assurer une représentation plus juste de l’ensemble des partis ; contrer le cynisme, le décrochage et le désengagement des gens, en particulier des jeunes, envers la politique ; permettre un éventuel gouvernement de coalition qui refléterait mieux l’ensemble des opinions des citoyennes et citoyens, afin d’éviter les avancées et reculs successifs d’un dossier selon le parti au pouvoir ; limiter la surreprésentation du parti élu et procurer une représentation plus fidèle des régions. À titre d’exemple, en Mauricie et au Centre-du-Québec, 68 % des électeurs n’ont pas voté pour le parti qui, depuis 2014, prend les décisions pour tout le monde.

Le MDN consulte également la population quant aux modes de scrutin qui pourraient assurer une place plus juste des femmes en politique. « De nombreux états démocratiques dans le monde ont mis en place des mesures pour accroître la représentation des femmes au parlement. Plus généralement, c’est une occasion de s’interroger aussi sur la manière d’associer les groupes de la population sous-représentés à l’Assemblée nationale », soutient Jean-Sébastien Dufresne.

Son plus grand rêve après les élections d’octobre 2018 ? « Voir le nouveau gouvernement instaurer dès son arrivée au pouvoir le processus de changement vers un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. » Un rêve très réaliste, pour peu que les électrices et électeurs en réclament la priorité lors de la prochaine campagne !

« Je crois en un Québec où toutes et tous, sans égard aux origines, valeurs et convictions politiques, peuvent se reconnaître. Un Québec que nous pouvons contribuer à bâtir ensemble, en partageant librement et respectueusement nos aspirations », conclut Jean-Sébastien Dufresne. Souhaitons que cette affirmation soit la pierre d’assise de notre réflexion individuelle et collective.

Pour en savoir plus : www.chaquevoixcompte.com

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