Jean-Claude Landry

Alors que les trois grandes chaînes Loblaws, Sobeys et Métro affirment que 50 % des aliments qu’on retrouve sur les étagères, dans les frigos et congélateurs de nos épiceries sont d’origine québécoise, l’Union des producteurs agricoles considère ce chiffre nettement surévalué. Il faut plutôt parler de 33 % selon l’UPA. Une situation préoccupante.

Pas étonnant donc que les produits alimentaires québécois comptent pour moins de la moitié du budget familial annuel consacré à l’alimentation. Si, bien évidemment, l’agriculture québécoise n’est pas en mesure de tout produire, il n’en reste pas moins qu’une telle situation appelle à réagir. Et c’est déjà commencé, les Québécois s’occupent et se préoccupent de leur assiette.

Une étude réalisée en 2009 par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) révélait que la proportion de Québécois accordant de l’importance à la provenance des aliments déposés dans leur panier d’épicerie était passée, en l’espace de cinq ans, de 49 % à 60 %; un bond de 22 % ou de 11 points de pourcentage. Un sondage plus récent (2012) de l’organisme Équiterre confirme d’ailleurs cette tendance, 78 % des répondants affirmant prioriser l’achat local.

Que ce soit pour la fraicheur des aliments, parce que c’est mieux pour la santé, pour soutenir l’économie locale ou encore pour protéger l’environnement compte tenu du « voyagement » excessif des aliments, « Manger local » semble donc s’inscrire de façon durable dans les habitudes de consommation.

Cette tendance à laquelle s’ajoute la difficulté des producteurs québécois d’accéder aux grandes chaînes, en raison des exigences de volumes considérables et de leur politique d’achats, amènent plusieurs d’entre eux à développer une mise en marché s’appuyant d’abord sur la qualité de leurs produits et sur la relation directe avec le consommateur. Ce lien privilégié permet de connaître la provenance de sa nourriture et donne au producteur reconnaissance et fierté pour le travail accompli. Les circuits courts de mise en marché font intervenir au plus un intermédiaire dans la distribution entre l’entreprise de production ou de transformation et le consommateur ou la consommatrice. Ils prennent différentes formes.

Les fermiers de famille d’Équiterre

Le réseau des fermiers de famille d’Équiterre permet de recevoir des paniers biologiques de légumes et autres produits frais locaux livrés chaque semaine près du lieu de résidence ou de travail. C’est l’agriculture soutenue par la communauté.

Les marchés de solidarité

Présents dans presque toutes les régions du Québec, les marchés de solidarité résultent d’initiatives citoyennes. Leur mission est de rendre les produits régionaux accessibles en créant un lien direct entre consommateurs et producteurs. Dans plusieurs cas, ils ont développé des plates formes d’achat sur Internet.

Les marchés publics

Près d’une centaine au Québec, ils regroupent des entreprises qui décident de miser davantage sur la qualité de leurs produits et sur la relation directe avec le consommateur.

Les chaînes emboîtent le pas…

Autre preuve de l’importance et de la persistance du réflexe d’achat local, cette tendance, grandissante chez les grandes bannières, à mettre en valeur les produits du Québec via notamment le logo bleu « Aliments Québec ». Une initiative volontaire. Déjà en 2007, un sondage réalisé par le groupe Équiterre indiquait qu’une forte majorité de Québécois (81 %) souhaitait que soit règlementé et obligatoire l’affichage sur la provenance des aliments.

Un souhait révélateur d’une préoccupation de plus en plus répandue, mais également une donnée encourageante quant aux perspectives de l’achat local.

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