L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale.

Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.

Valérie Deschamps – Racines Mauriciennes – avril 2021 

Quand le mot liberté prend un nouveau sens, une deuxième vie. Quand le concept de « réalité thérapie » s’installe pour le bien non seulement de certains individus, mais également d’une collectivité. Quand ces paroles prennent forme et s’inscrivent dans la philosophie d’un homme : Pierre Houde. Phare sur le fondateur de la Maison de transition Radisson à Trois-Rivières, à l’honneur ce mois-ci, dans Racines mauriciennes.

Dans le dictionnaire, à côté du mot « authenticité » pourrait très certainement se retrouver le nom de Pierre Houde. Langage coloré et vrai. Rire franc et honnête. Cet homme en a vu une pis une autre, comme on dit. Ayant été derrière l’ouverture de la Maison Radisson dans les années 1970, Pierre a contribué au retour en société de nombreux détenus. « On leur donnait un petit programme de réhabilitation. La réhabilitation, ça passait par le travail, entre autres, mais aussi par les relations familiales et sociales. Déjà quand tu réussis à faire ça avec des gars qui sortent d’en dedans, c’est déjà beaucoup ! », me raconte-t-il. C’est que reprendre  sa vie en main, c’est le travail d’une vie, voire même de plusieurs vies pour certains.

Pierre Houde – Crédits : David Leblanc

Quand l’histoire fait place au quotidien

D’ailleurs, le nom de la Maison Radisson est tout sauf anodin. La Maison Radisson, c’est pour l’explorateur et coureur des bois, Pierre-Esprit Radisson. « C’en est un gars libre, mais un gars travaillant ». Deux caractères fondamentaux pour celui qui a travaillé pendant plusieurs années dans le milieu post-carcéral tant en métropole qu’ici, à Trois-Rivières. Réapprendre à être libre et à aimer la liberté. « C’est un peu ça quand tu travailles en réhabilitation, que tu essaies de donner à ta clientèle, si tu veux. Excepté que c’est pas toujours vu de même, parce que c’est des détenus, y disent « beurk, encore des règlements », mais le côté thérapeutique, souvent ils l’oublient ». Mais pour Pierre, ces règlements s’ajustent aussi à la réalité… à la vie. « Par exemple, si l’heure d’arrivée est 23h, si le gars arrive à 23h05, est-ce que tu es obligé d’y faire un rapport d’offense ? Il peut s’être passé plein de choses hors de contrôle du gars. Aussi, si tu aimes la liberté, faut comprendre aussi que les autres l’aiment. Pis qu’ils ont le droit de jouer avec même s’ils ont des balises plus strictes que les miennes. Mais de là à varger dessus, moi, ça jamais été mon fort, ça », raconte celui derrière l’élaboration de ce centre résidentiel communautaire trifluvien.

Une approche centrée sur les décisions personnelles

La liberté de faire ses choix tout en connaissant les balises dans lesquelles évoluer, c’est au cœur de son approche. Approche qu’on appelle la réalité thérapie. « La prémisse de base c’est aimer et être aimé, s’apprécier soi-même et se sentir apprécié. C’était les critères fondamentaux de la réalité thérapie », explique-t-il. Ce sont d’ailleurs les principes qui guident encore sa vie, aujourd’hui. Après avoir passé de nombreuses années à aider les autres, le septuagénaire a décidé d’être à son tour, au cœur de ses préoccupations. Comme il l’affirme, « aujourd’hui, m’a essayé d’être boss de moi-même, pis j’en ai déjà mon ostie de voyage ! ». « Ce dont je suis le plus fier, je pense, c’est que je me suis donné la chance d’essayer de faire des affaires pis de les avoir réussies en partie. Pis je suis bin content d’avoir fait le peu que j’ai fait, mais de l’avoir fait. La liberté, c’est une des choses qui coute le plus cher dans la vie. Mais c’est une des choses qui rapporte le plus aussi. »

Pour en apprendre davantage sur la Maison Radisson et sur les racines de Pierre Houde, rendez-vous sur le www.racinesmauriciennes.com.

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