Une collaboration du Comité de solidarité de Trois-Rivières, avril 2015

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Le premier ministre Harper en compagnie du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Le Canada est perçu depuis l’élection de M. Harper en 2006, comme le plus fidèle allié de l’Israël

La proximité de points de vue entre le gouvernement conservateur et la droite radicale israélienne est bien connue. À écouter Stephen Harper, les Palestiniens auraient tous les torts alors que les Israéliens seraient tout à fait justifiés d’occuper illégalement la Cisjordanie et de maintenir la population de Gaza sous blocus militaire.

Cette proximité « idéologique » amenait d’ailleurs le Canada à signer, en janvier dernier, un « Protocole d’entente Canada-Israël concernant la Coopération en diplomatie publique », lequel stipule que « le ciblage sélectif d’Israël constitue le nouveau visage de l’antisémitisme » et précise que le Canada s’opposera à ceux et celles qui soutiennent le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), mouvement international qui vise à faire pression sur le gouvernement israélien, notamment pour qu’il reconnaisse les droits territoriaux des Palestiniens.

Peu après cette signature, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, déclarait à l’Assemblée générale de l’ONU que le gouvernement du Canada ferait preuve de « tolérance zéro » à l’égard de « toutes les formes de discrimination, y compris la rhétorique, envers Israël, et les tentatives de délégitimation d’Israël comme le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions. »

Déjà, en octobre dernier, le gouvernement du Canada avait adopté des modifications au Code criminel dans le projet de loi C-13, lesquelles élargissent aux « nations » la définition de groupes devant être protégés contre l’incitation publique à la haine.

Inquiétés par ces récents développements, les réseaux de solidarité avec le peuple palestinien précisent qu’il n’est pas antisémite de critiquer l’État d’Israël considérant que ceux qui assimilent ces critiques à une haine des Juifs tentent simplement de réduire au silence toute personne ou groupe critique à l’égard d’Israël.

Pour ces réseaux, la détermination perçue chez le gouvernement du Canada de cibler les personnes qui rendent visibles les mauvais traitements infligés par Israël aux Palestiniens et Palestiniennes jointe à la perspective de l’adoption par la majorité conservatrice du controversé projet de loi antiterroriste C-51 « jettent un froid sur la démocratie canadienne et peuvent conduire à la criminalisation de la dissidence à plus ou moins brève échéance. »

Rappelant le droit des citoyennes et citoyens de critiquer le comportement de tout gouvernement et de choisir des moyens pacifiques comme le boycott pour changer ce comportement, les réseaux de solidarité avec la Palestine rejoignent ainsi d’autres réseaux militants. Déjà des groupes écologistes et certaines organisations autochtones ont dit craindre d’être étiquetés « menaces à la sécurité du pays » en vertu des dispositions actuelles du projet de loi et, par conséquent, sujets à des représailles des autorités policières et judiciaires.

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