Louis-Serge GillPar Louis-Serge Gill, novembre 2017

Ce mois-ci, le citoyen qui lit pour la première fois les mots « économie sociale » n’est pas au bout de ses surprises. En effet, sous ces deux termes se regroupent diverses entreprises visant une plus grande égalité des chances entre les membres d’une même communauté. Mais, au fond, en quoi les initiatives d’économie sociale diffèrent-elles du mouvement coopératif déjà connu et apparemment, bien implanté?

Qu’est-ce que le mouvement coopératif ?


Pour une majorité de Québécois, le coup d’envoi des initiatives de coopération économique et entrepreneuriale date de 1900 avec la création de la première caisse populaire par Alphonse Desjardins à Lévis. Pourtant, cette coopération s’enracine dans les premières initiatives de mises en commun des ressources, comme le troc. Malheureusement, en raison de leur caractère informel, il devient difficile de les comptabiliser, voire de les identifier.

Néanmoins, dans un document publié par la Caisse d’économie solidaire (Mouvement Desjardins), nous apprenons que c’est au cours du 19e siècle, alors que les banques avaient une emprise de plus en plus grande sur les dettes des individus, qu’a germé l’idée d’Alphonse Desjardins alors député à la Chambre des Communes.

Et l’économie sociale dans tout cela ?

Tout comme pour le mouvement coopératif, la notion de réseau est centrale pour en comprendre le fonctionnement. Le terme « économie » désigne la production et la distribution de biens et de services, alors que « social » renvoie à la rentabilité sociale du projet mis de l’avant. En somme, l’économie sociale pose la question suivante : ces biens et services contribuent-ils à améliorer la qualité de vie des citoyens ?

Sans l’apport d’individus et de collectivités, de telles initiatives ne peuvent perdurer. Selon Louis Favreau, professeur au Département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais, l’économie sociale se construit, dès le 19e siècle, « à des sources intellectuelles et politiques diverses : des socialistes utopiques, des chrétiens sociaux, des libéraux, des coopératives ou encore des socialistes ». Cette réponse au capitalisme se veut une humanisation de l’économie.

Dans le même document, Favreau relève que les premières initiatives d’économie sociale ont au moins 150 ans d’histoire avec en première position… le Mouvement Desjardins! Cependant, cette économie collaborative ne touche pas que les secteurs de l’épargne et du crédit. À cet égard, Favreau cible le Fonds de solidarité de la FTQ, une organisation syndicale et l’Atelier du chômeur de Sorel, aujourd’hui le Recyclo-Centre, qui est un organisme sans but lucratif depuis 1992 et entreprise d’insertion depuis 1998.

En plus d’humaniser les rapports marchands, l’économie sociale se fonde sur les premières pratiques associatives et collaboratives au sein des communautés, tout en les perpétuant du 18e siècle à nos jours.


Source:

Louis Favreau, Qu’est-ce que l’économie sociale ? : synthèse introductive, Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités (CRDC), 2005, p. 12.

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