Mireille Pilotto, traductrice et réviseure – Juin 2020

De l’étable à la table, du champ à la cuisine, l’intérêt à connaître la provenance et la composition des aliments augmente, ce qui amène à lire attentivement les étiquettes…

Comme l’étiquetage commercial au Canada est obligatoirement bilingue, vous avez certainement vu sur des produits se côtoyer les termes biologique (en français) et organic (en anglais). Tiens donc, le mot organique existe aussi en français, alors pourquoi ne l’emploie-t-on pas dans le contexte agroalimentaire ? Parce que organique et biologique ne sont pas interchangeables. Ah bon ?…

Ce qui est organique 1) se rapporte aux organes du corps ou aux organismes vivants – EXEMPLES : une faiblesse organique ; la vie organique, par opposition au minéral ou à l’inorganique) ; 2) provient de tissus vivants ou de la transformation par un organisme vivant – EXEMPLES : une substance organique, comme le sang et la terre ; un engrais organique, c’est-à-dire obtenu par la décomposition de matières animale et végétale, ce qui n’en fait pas forcément un produit bio ; la chimie organique, qui étudie spécifiquement les composés du carbone ; 3) concerne la constitution même d’un être, d’un objet ou l’organisation de ses éléments – EXEMPLES : cette personne est d’une honnêteté organique ; cette ville est établie selon une planification organique ; ce fauteuil a une forme organique (sa conception est en lien étroit avec le corps humain).

Consultez notre dossier sur les enjeux agroalimentaires: Des plants pour l’avenir

Nous voilà plutôt loin de notre assiette ! Pour en revenir à biologique, cet adjectif désigne les denrées alimentaires et autres produits ne comportant aucune utilisation de substances chimiques ou artificielles. Au Canada et dans chaque province, des lois strictes et précises régissent la définition de cette appellation, son apposition sur les emballages, et son emploi dans la publicité et le commerce.

Notez que l’adjectif bio, parfois considéré comme familier, est maintenant courant dans l’usage ; il ne varie pas en genre (une banane bio, du poulet bio), mais il prend la marque du pluriel (des pommes bios, des vins bios). Employé comme nom (au masculin, toujours avec l’article défini), le bio signifie l’ensemble des activités économiques et sociales visant la production, la commercialisation et la consommation des produits biologiques.

Dernière nuance, très importante, ce qui est naturel n’est pas forcément bio. En effet, un produit naturel n’a pas été modifié par l’humain, tandis qu’un produit biologique implique une intervention humaine qui ne fait appel à aucun produit chimique ou artificiel.

Conclusion : faites ajuster vos lunettes, le texte des étiquettes est minuscule !

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SOURCES:

Banque de dépannage linguistique, OQLF : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?T1=biologique&btn_chercher=CHERCHER&id=3143.

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