La Gazette de la Mauricie – Juillet 2020 

Le samedi 18 juillet dernier en début d’après-midi, iels étaient plus d’une centaine à marcher dans les rues de Trois-Rivières pour dénoncer les violences à caractère sexuel et démontrer leur support aux victimes. 

Équipé-e-s de masques et de pancartes, les marcheuses et les marcheurs ont pris d’assaut la rue des Forges, de l’Université du Québec à Trois-Rivières jusqu’au centre-ville pour faire entendre leur voix. L’ambiance y était festive, certain-e-s participant-e-s s’étant même costumé-e-s pour l’occasion. Pendant un peu plus d’une heure, le cœur de Trois-Rivières vibrait au rythme des slogans tel que « On vous croit ! », « Sans oui, c’est non ! » et « Mon corps, mes droits ! ».

Dénonciations de violences à caractère sexuel

Rappelons que depuis plusieurs semaines maintenant, une vague de dénonciations de violences à caractère sexuel sans précédent déferle sur le Québec. Les témoignages se comptent désormais par centaines sur les réseaux sociaux.

Selon les organisatrices de la marche du 18 juillet, Juliette Roberge, Samya Amrani et Elizabeth Leblanc-Michaud, ce  phénomène « témoigne du besoin criant pour les victimes d’être entendues » en plus de « démontrer l’inefficacité de  notre système de justice actuel en matière de violences à caractère sexuel ».  Elles dénoncent également la culture du viol qui est, selon elles, omniprésente dans nos sphères sociales.

Les marcheuses et les marcheurs masqué.es ont descendu la rue des Forges, de l’UQTR jusqu’au Parc portuaire. – Crédits photo: Véronique Wilfort

Le communautaire emboîte le pas

Les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Trois-Rivières et de Shawinigan étaient eux aussi sur place pour informer les gens présents des ressources dédiées aux victimes de violences à caractère sexuel de la Mauricie et pour exiger « un changement de culture global, le respect de la parole des victimes et une réelle remise en question, individuelle et collective ».

Un représentant d’Emphase MCQ, une ressource pour les hommes agressés sexuellement dans l’enfance, Jimmy Savard, était aussi présent. N’oublions pas que même si les femmes sont davantage victimes de violences à caractère sexuel, un homme sur dix a été agressé sexuellement avant ses 18 ans selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ailleurs au Québec

Du côté de la Métropole, une manifestation était organisée le dimanche 19 juillet en partance du Parc Lafontaine vers le palais de justice de Montréal. Quelques centaines de personnes étaient présentes, dont plusieurs organismes communautaires féministes et la députée de Québec solidaire dans Mercier, Ruba Ghazal.

Le même jour à Québec, une cinquantaine de personnes se sont regroupées devant  l’Assemblée nationale pour faire entendre leur voix et dénoncer les violences à caractère sexuel. Une initiative du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale qui tenait à envoyer un message fort au gouvernement.

Des chiffres qui parlent

Selon la dernière Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation criminelle de Statistiques Canada (2014), 6 400 000 agressions sexuelles sont déclarées chaque année au pays. De ce nombre, à peine 5 % sont signalées à la police. Sur ce 5 %, seulement 3 plaintes sur 1000 se concluent par une condamnation.

Consultez également les articles de notre dossier de mars 2020 : Perspectives féministes 

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