Dans le cadre du neuvième projet Change le monde, une œuvre à la fois, qui culminera avec une exposition au Musée POP, le Réseau In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, s’associe à La Gazette de la Mauricie afin de produire neuf capsules vidéo et articles sur les enjeux abordés par les jeunes. Le projet intitulé Ensemble, on change le monde bénéficie du soutien financier du Secrétariat à la jeunesse et de la collaboration de la Maison des Grands-Parents de Trois-Rivières.

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Benoît Laverdière, artiste-récupérateur trifluvien dont la démarche consiste à fabriquer des lampes originales à partir d’objets recyclés ou glanés dans les ruelles et auxquels il donne une deuxième vie.

Alex Dorval – Avril 2020

La critique de la « société de consommation » a été formulée par les militantes et militants des mouvements altermondialistes depuis le début de la seconde moitié du 20e siècle. Pour celles et ceux qui scandaient déjà au printemps 1968 leurs slogans « d’autres mondes sont possibles » ou encore « le monde n’est pas une marchandise », il est indéniable que le mur de la surconsommation a depuis longtemps été franchi et que nous payons aujourd’hui collectivement le prix de cette transgression. Quels sont les modèles économiques qui nous permettront de nous extraire de l’engrenage consumériste à l’œuvre depuis plus d’un siècle ?

Les premiers pas de l’économie circulaire

Il serait grand temps de penser un modèle économique qui prendrait en considération les valeurs humaines, sociétales et environnementales de nos activités de production et de nos mœurs en matière de consommation. C’est l’ensemble de la chaîne de production qu’il faudra revoir. Il faudra aussi poser un regard critique sur nos habitudes de consommation et remettre notre chapeau de citoyen qui semble trop souvent s’envoler chaque fois que souffle le vent publicitaire de la nouveauté, du luxe et du confort superficiel.

Le modèle de l’économie circulaire propose à ce titre de jouer le rôle d’économie de symbiose en intégrant à chaque étape de la chaîne (extraction, production, transport, commercialisation) des moyens de réduire — voire même d’éliminer — la production de déchets et de limiter la consommation énergétique. Cette nouvelle philosophie a fait son apparition dès l’aube du 21e siècle et déjà, à peine quelques années plus tard, l’idée que les déchets d’une entreprise puisse être la matière première d’une autre a fait son chemin auprès de plusieurs sociétés québécoises. Recyc-Québec tenait d’ailleurs en décembre 2018 ses premières Assises de l’économie circulaire.

Pour une variété de modèles

Cette nouvelle économie circulaire s’inscrit en quelque sorte dans la mouvance du « capitalisme vert », qui est en soi une forme alternative au modèle capitaliste productiviste, mais qui ne saurait toutefois enrayer l’ensemble des problèmes sociaux engendrés par l’industrialisation depuis au moins un siècle. En fait, cette idéologie s’attaque aux problèmes de l’accumulation de déchets, mais elle ne propose pas de solution concrète pour mener la culture consumériste vers une symbiose avec la nature ainsi qu’avec les personnes, trop souvent réduites à de simples « ressources humaines ».

Pour vraiment reconnecter l’économie non seulement avec la nature, mais aussi avec l’humain, et ainsi ré-harmoniser les mœurs des consommateurs avec les besoins des citoyennes et citoyens, d’autres modèles s’offrent à nous. Je pense surtout à l’économie de partage et à l’économie vernaculaire, qui ont le potentiel de contribuer à des changements fondamentaux de ladite société de consommation.

D’une part, de façon sommaire, l’économie de partage consiste en des échanges de services ou de produits entre deux personnes ou encore en la mutualisation de certains services par plusieurs organisations, ce qu’on nomme aussi « économie de fonctionnalité ». L’une des formes les plus anciennes d’économie de partage est le troc.

D’autre part, l’économie vernaculaire englobe tout ce qui est produit et ouvré par une personne, une famille ou une communauté pour subvenir aux besoins de leurs groupes respectifs. On pense entre autres aux pantoufles tricotées par nos grands-mères ou bien aux jardins communautaires parfois administrés par une coopérative ou un regroupement citoyen.

En réalité, une panoplie de modèles économiques est applicable. Cependant, la coexistence de ces modèles et notre volonté de les laisser s’influencer, de modeler de nouvelles mœurs et de renouer avec un savoir-faire oublié doivent devenir nos objectifs si nous voulons nous affranchir du fardeau de la surconsommation.

 

 

 

 

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