Par Magali Boisvert

Lorsqu’un étudiant en enseignement au secondaire met le pied à l’université, il se voit immanquablement remettre un document massif intitulé « Programme de formation de l’école québécoise ». Cette véritable bible de l’enseignant est un guide qui expose les grandes lignes de la formation scolaire au secondaire.

Élaboré par plus de 500 professionnels et étudiants du milieu scolaire, le document définit d’abord quelle est la mission de l’école, puis explique comment celle-ci s’articule autour de trois grands axes : instruire, socialiser et qualifier. Instruire, afin de permettre aux élèves d’acquérir des connaissances ; socialiser, dans le but de former des citoyens responsables qui s’insèrent dans la société ; qualifier, afin de permettre aux jeunes de trouver une place sur le marché du travail ou de les outiller pour la suite de leurs études. Ainsi, l’école est responsable de faire émerger dans le monde des jeunes adultes ayant un bagage de connaissances générales, un sentiment d’appartenance à leur collectivité et les habiletés nécessaires pour décrocher un emploi futur.

Dans son deuxième chapitre, le document clé des enseignants au secondaire présente les axes de développement destinés à structurer l’action des enseignants. Ces axes, qu’on appelle domaines généraux de formation, qui sont au nombre de cinq : environnement et consommation ; santé et bien-être ; orientation et entrepreneuriat ; médias ainsi que vivre-ensemble et citoyenneté. Ils peuvent être utilisés dans n’importe quelle matière pour présenter aux jeunes les problématiques auxquelles ils doivent faire face dans diverses sphères importantes de leur vie. Par exemple, dans un cours de français, une enseignante pourrait exploiter le thème « Santé et bien-être » en invitant les élèves à rédiger un texte sur les troubles alimentaires. Cet exercice serait pour elle l’occasion d’évaluer la qualité de la grammaire et divers autres critères, tout en proposant une situation d’apprentissage intellectuellement stimulante et propice au développement de compétences complémentaires (c’est habituellement grâce à ces domaines généraux de formation que les élèves développent leur jugement critique et leur schème de valeurs).

Or, il y aurait un écart, semble-t-il, entre l’importance accordée à cette formation complémentaire et celle accordée aux compétences transversales (critères que les enseignants doivent évaluer dans le bulletin, comme « Communiquer de façon appropriée » ou « Se donner des méthodes de travail efficaces »). Les enseignants auraient pour la plupart tendance à mettre l’accent sur ces compétences transversales au lieu d’élever l’apprentissage à un niveau où l’apprenant peut exercer son jugement critique ou confronter son opinion avec des autres.

Bien sûr, le métier d’enseignant est exigeant et demande beaucoup de préparation. Il est difficile d’englober toutes les sphères pédagogiques lorsque la gestion de 30 élèves est déjà ardue. Or, si un des trois volets de la mission fondamentale de l’école est bien la socialisation, il serait juste d’accorder de l’importance à la formation de jeunes adultes conscientisés et responsables, en traitant de sujets auxquels ils ne sont pas tous exposés à la maison.

 

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