L’animatrice de Racines mauriciennes, Valérie Deschamps, nous propose de l’accompagner à travers son périple en Mauricie alors qu’elle va à la rencontre de Pierre, Louise, Simone et bien d’autres personnes aînées de notre territoire à la recherche des histoires fascinantes du monde ordinaire; ces histoires qui au fil du temps ont tricoté notre identité collective régionale.

Cette série est produite par La Gazette de la Mauricie et présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie. Elle est aussi rendue possible grâce à la contribution du Gouvernement du Québec et de son programme Québec ami des aînés.

Valérie Deschamps, mars 2021

Les mots font foi de tout. Ils peuvent rester décennie après décennie dans la mémoire collective. Qu’ils soient écrits ou tout simplement dits, ils transforment parfois notre quotidien et, en l’occurrence, notre société. Maniant les mots tant pour lui que pour les autres, Michel Héroux a trouvé sa place au sein d’une famille journalistiquement notoire en Mauricie. Cette nouvelle histoire présentée par Racines mauriciennes est celle d’un homme de parole, un «rédacteur de bien commun».

Une lignée de journalistes

« Il y a 7 Héroux qui me précèdent dans le métier. Sept en trois générations » débute d’emblée Michel Héroux. Il nous accueille dans sa cuisine, au cœur des premiers quartiers trifluviens. Les Héroux ont œuvré dans divers domaines journalistiques depuis de nombreuses années. « Chacun avait sa couleur. Omer fait partie des fondateurs du journal Le Devoir. Mon oncle Jules Héroux a œuvré à la radio. Mon grand-père Hector a débuté en fondant le journal La Liberté, au Manitoba, un journal pour la défense des francophones de la province avant de revenir au Québec et a travaillé ensuite de nombreuses années au Nouvelliste. Onésime Héroux a aussi travaillé au Nouvelliste. Même chose pour Rolland et mon père. Claude Coco Héroux, que certains l’appelaient. », énumère Michel avec un sourire de fierté familial.

Michel Héroux
Michel Héroux est un gars de communauté. Il écrit pour lui, mais surtout pour ceux et celles qui l’habitent cette communauté. Crédits: David Leblanc

Bien que l’on pourrait croire qu’il avait ça dans le sang, la réalité était tout autre pour Michel. «J’avais comme une relation amour-haine avec le journalisme. Ça a tellement pris de place dans ma vie, par le passé, que j’avais comme un sentiment de rébellion», ajoute-t-il avec la couette-du-toupet un peu de travers. Cela dit, après un petit saut dans le milieu communautaire en défense de droits, Michel a pris le stylo pour noircir à son tour des centaines de pages au sein même de La Gazette de la Mauricie.

Les racines communautaires

Cette couleur mentionnée précédemment par Michel, pour lui, tirait ses racines du milieu social. Du vivre ensemble. De la collectivité. « Je suis le seul à avoir œuvré dans le journalisme communautaire. Même si je pondais comme une poule, j’avais besoin de ne pas être pressé d’écrire quotidiennement. J’aimais la liberté d’action, celle de prendre le temps de prendre le temps », raconte-t-il. C’est l’humain derrière l’histoire qui vient le plus chercher Michel. Cet humain, il l’a retrouvé quelques années plus tard avec la défunte Démarche des premiers quartiers.

Fermé en mai 2020, cet organisme communautaire œuvrant dans les premiers quartiers de Trois-Rivières a ouvert grands ses bras à Michel. Deux projets : Le Bulletin des premiers quartiers et Premiers quartiers racontés. « Le contact avec les citoyens. L’occasion d’écrire sur des sujets qui me tenaient à cœur. Je ne sais pas où j’aurais pu parler de ça, ailleurs. J’ai accompagné une de mes amies, Marie. Elle avait demandé l’aide médicale à mourir en janvier 1997. J’ai écrit un texte là-dessus. Sans vouloir prendre part au débat ou de me positionner pour ou contre l’aide médicale à mourir. Mais parler du processus. Celui d’être témoin d’un choix aussi grand. J’ai passé deux semaines avec ses proches, jusqu’à la fin. », raconte solennellement Michel.

Les Premiers quartiers racontés

De l’autre côté, les tomes 1 et 2 de Premiers quartiers racontés. L’endroit où les histoires du quotidien, celles de monsieur-madame tout le monde, prennent vie. Non seulement elles se racontent, mais les citoyens et citoyennes étaient invités à prendre part à cette mémoire collective. C’est d’ailleurs sur ce projet que nous avons eu, Michel et moi, le plaisir de collaborer. Parce que mettre en lumière l’humain, il n’y a rien de plus beau !

Faire vibrer le quotidien. L’humain. La collectivité. Ça fait encore vibrer notre homme. Michel a les yeux remplis d’étoiles lorsqu’il remonte dans ses souvenirs. Et ce sont ces étoiles qui guident encore ses choix… toujours orientés vers la construction de notre collectivité. D’une communauté plus soudée. Plus forte. Plus solide. La construction d’un bien … commun.

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