Par Ivan Alonso Suaza, mars 2017

En 1791 apparaît la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, composée par la Française Olympe de Gouges. Il s’agit du premier manuscrit à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes dans la société. Le document réclamait un traitement égalitaire sans égard au sexe, et ce, dans tous les domaines de la vie, publics comme privés. L’idée d’un mouvement féministe venait d’être lancée.

Christine de Pizan, Eva Peron, Maud Wood Park, Louise Weiss, Mary Wollstonecraft, Hubertine Auclert, Sojourner Truth, Angela Davis, Idola St-Jean et Thérèse Casgrain, voilà quelques-unes des milliers de femmes à avoir fait avancer leurs droits dans le monde en militant pour l’égalité et l’équité entre sexes.


Au Canada, ce n’est qu’à partir de 1929 que les femmes sont considérées comme des personnes devant la loi. Elles bénéficiaient auparavant d’un statut de mineur, au même titre que les enfants et les « Indiens ». Elles étaient donc placées sous l’autorité de leur père ou de leur mari. En vertu de ce statut, par exemple, le salaire d’une femme mariée pouvait être remis directement à son conjoint sans qu’elle n’ait son mot à dire.

Au Québec, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain, pionnières de l’argumentation en faveur du droit de vote, considèrent que les femmes et les hommes sont semblables et doivent être considérés comme égaux devant la loi. Les Québécoises ont confronté les différentes élites de la société québécoise et le 25 avril 1940, elles obtiennent finalement le droit de vote et d’admissibilité aux élections provinciales.

Le féminisme, aussi l’affaire des hommes
L’UNESCO estime qu’aucune société ne peut se développer de manière durable sans transformer la distribution des possibilités, des ressources et des choix pour que tout le monde en bénéficie.

Wendy Harcourt avait écrit dans le rapport Notre diversité créatrice : « Le temps n’est plus où un mouvement féministe devait exclure les hommes de la lutte contre le patriarcat. Il s’agit plutôt, à présent, de faire en sorte que les visions féminines restructurent et redéfinissent les efforts qui permettront de construire, pour les femmes et pour les hommes, une nouvelle société fondée sur l’expérience et sur les compétences ».

La lutte féministe n’est pas seulement une lutte de femmes. Elle implique toute la société, l’humanité au grand complet. Il ne fait donc pas l’ombre d’un doute que l’égalité entre les femmes et les hommes devient un avantage pour tous.

Les hommes doivent prendre leurs responsabilités afin que leurs filles, sœurs et mères puissent vivre dans un monde sans préjugés, mais aussi pour donner à leurs fils le droit d’être eux-mêmes, vulnérables et humains.

Les défis restent énormes

Bien que de nombreux gains aient été obtenus, la discrimination et la violence que subissent les femmes persistent dans nos sociétés.

Nous pouvons facilement le constater dans tous les conflits armés. Les prédateurs ciblent les femmes en utilisant la violence sexuelle comme véritable arme de guerre. Seulement au Rwanda, un demi-million de femmes ont été violées pendant le génocide de 1994.

Il faut continuer de se battre contre les inégalités salariales, la précarité, les violences physiques, sexuelles et psychologiques et les stéréotypes de genre néfastes pour les deux sexes.

Le plus grand défi reste toutefois de garder vivantes dans la mémoire des nouvelles générations les luttes féministes, car comme Karl Marx l’avait dit : « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ».

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