Magali BoisvertMagali Boisvert, décembre 2018

Je suis tombée en amour avec mon village de Saint-Élie-de-Caxton lorsque Fred Pellerin m’a tiré des larmes à la fin de l’un de ses contes.

Il parlait d’exode rural, de jeunes comme moi qui se rapprochent de la ville en laissant leurs mères dans leurs villages pour tenir le fort. Ce jour-là, mes racines sont venues se reconnecter à mes jambes et, depuis, chaque fois que je retourne dans mon village, je sens la solidarité de mon entourage et je vois des gens qui s’organisent ensemble pour planter des germes de rêve dans des rangs du bout du monde.

Devant l’immensité des défis qui nous attendent en ces temps d’urgence climatique, les liens entre les habitants des collectivités rurales sont plus importants que jamais. Nous voyons déjà le vent se lever et des initiatives communautaires se développer partout en Mauricie afin de réduire notre empreinte carbone collective.

Habiter collectivement

Habiter, ce n’est pas seulement résider. C’est faire partie intégrante d’une collectivité. D’abord, face à l’urgence climatique, il me paraît essentiel d’amorcer un dialogue avec les Premières Nations du Québec, qui veillent à protéger le territoire depuis très longtemps. En Mauricie, il y a deux communautés atikamekw : Wemotaci et Obedjiwan. Tendre la main vers les Premières Nations, c’est se joindre à une lutte que les peuples autochtones mènent pour le respect de la terre nourricière.

Aussi, on l’a vu maintes et maintes fois, c’est en s’unissant que nos voix portent le plus. Par exemple, la mobilisation citoyenne a fait en sorte que le boisé des Estacades à Trois‑Rivières sera épargné de la construction d’un complexe immobilier. De même, tous ceux qui ont participé aux consultations citoyennes sur le développement durable et qui ont marché pour la planète le 10 novembre ont fait savoir au gouvernement récemment élu à quoi s’en tenir quant aux priorités actuelles des Québécois. Grâce à un noyau de citoyens dynamiques, Saint-Étienne-des-Grès fait chaque année un grand nettoyage du village. Pendant l’été, à Saint-Élie, des Vélos Bon-bon colorés sont prêts à enfourcher gratuitement.

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Consommer collectivement

Habiter, c’est aussi se nourrir et consommer. En privilégiant les producteurs locaux à travers les paniers bio ou les marchés publics, nous réduisons grandement le carbone nécessaire au transport et les emballages plastique, nous mangeons bio et nous encourageons une agriculture durable. Aussi, en jardinant et en compostant ensemble, on redonne à la terre et on se tricote un sentiment d’appartenance à notre patelin.

On l’a vu et on le verra encore, le bénévolat encourage nos paroisses à travers les friperies de sous-sols d’églises et, par le fait même, nous fait diminuer nos achats de vêtements neufs.

Grâce aux liens que l’on tisse collectivement, nous devenons mieux outillés pour trouver des idées folles mais ingénieuses afin de réduire notre empreinte carbone. Nous voyons de jour en jour davantage de gens enthousiastes, déterminés et passionnés se lever en chœur pour protéger notre territoire. Et ce n’est que le début.

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