Jimena Aragon, étudiante au Cégep de Trois-Rivières – Juin 2015

jemina photo« Rien n’est trop difficile pour la jeunesse », comme le disait Socrate  et comme nous le rappellent à intervalles réguliers les jeunes du Québec depuis près de 45 ans.

Depuis la création des Cégeps et des réseaux universitaires UQ en 1967, le Québec a été le théâtre de près de 10 grèves générales étudiantes, dont certaines ont bien sûr eu beaucoup plus d’impact que d’autres. Lors de la première, déclenchée en octobre 1968, les jeunes revendiquent la gratuité scolaire et l’accessibilité à l’éducation pour tous. Malgré sa courte durée, cette grève leur permet d’obtenir le gel des frais de scolarité et de consolider le mouvement étudiant.

En 1974 et 1978, deux grèves visant entre autres la bonification du programme des prêts et bourses se concluent par l’obtention des gains souhaités par les étudiants.

En 1986, le gouvernement libéral qui menace de dégeler les frais de scolarité est forcé de reculer à la suite d’une grève générale menée par l’Association nationale des étudiantes et des étudiants du Québec.

Deux autres grèves votées la première en 1988 en vue d’obtenir une bonification du régime d’aide financière et la seconde, en 1990, afin de s’opposer au dégel des frais de scolarité décrété par le gouvernement se révèlent un échec par suite de la faible participation des associations étudiantes.

Il faut attendre jusqu’en 1996 pour que la volonté du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 30 % permette au mouvement étudiant de reprendre de l’ampleur et d’obtenir un gel des frais pour une période de dix ans.

La plupart se rappellent mieux la grève de 2005 visant à amener le gouvernement de Jean Charest à renoncer à sa volonté de convertir 103 millions de dollars de bourses en prêts. Encore une fois, le mouvement étudiant réussit à faire entendre sa voix haut et fort et maintenir ses droits acquis.

C’est en 2012 que le Québec connaît la plus grande grève étudiante de son histoire : le Printemps érable. L’annonce par le gouvernement libéral de Jean Charest d’une hausse majeure des frais de scolarité provoque alors le déclenchement d’une grève générale illimitée par les étudiants. Des milliers de personnes sortent dans la rue pour manifester leur appui aux étudiants qui démontrent que, contrairement à la croyance générale, ils sont loin d’être dépolitisés et nombrilistes. Enfin, l’actuelle grève sociale contre les mesures d’austérité, tout en n’ayant pas autant d’impact que celle de 2012, est de nouveau l’occasion pour les étudiants de démontrer leur engagement social et de manifester leur opposition aux décisions prises par le gouvernement en place.

Les 45 dernières années ont donc été marquées par une série de grèves à la faveur desquelles les étudiants ont défendu leurs intérêts face à un État qui, à chaque fois, tentait de définir seul les contours de leurs conditions de vie. Jamais le gouvernement ne recule devant des pétitions ou des mesures moins radicales. Ça, les étudiants l’ont compris : ce n’est qu’en lançant un vaste mouvement social qu’ils peuvent réussir à se faire entendre. « Rien n’est trop difficile pour la jeunesse », cela fait 45 ans que nous en sommes témoins.

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