Par Diane Lemay, octobre 2017

Je suis inquiète !

Depuis quelques temps, j’ai rarement été confrontée à autant d’intolérance. Notamment dans les commentaires sur l’afflux de personnes qui entrent de façon irrégulière au Canada, principalement au Québec. Sur Internet, à la radio et à la télé, les propos se clivent, se crispent et se polarisent. Je suis de plus en plus mal à l’aise devant cette vision manichéenne du monde – nous et les autres, les bons et les méchants. Heureusement, l’éducation présente une des solutions à ce clivage.


 « L’éducation est votre arme la plus puissante pour changer le monde » – Nelson Mandela

Le populisme est une constituante de toutes les époques. À la nôtre, il revêt un côté pour le moins particulier. En effet, il carbure aux principales problématiques de notre siècle comme le terrorisme, la radicalisation, l’immigration, la mondialisation, le protectionnisme et la question religieuse.

L’historienne Marise Bachand de l’UQTR identifie sept caractéristiques du populisme américain : apologie des gens ordinaires; racines rurales et banlieusardes; vision nostalgique de la culture (famille, religion, communauté); antiélitisme, haine des riches, des experts et de ceux qui sont associés au pouvoir; méfiance envers les intellectuels; peur de la centralisation; et forte tendance au protectionnisme et à l’isolationnisme.

Avec l’élection de Donald Trump, le populisme me semble prendre un ton plus grossier et pervers. Aurions-nous traversé du côté obscur?

Force est de constater que ce phénomène a franchi la frontière. Plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens tiennent ce type de discours, se définissent en opposition à l’autre : les travailleurs et les BS; les pro-immigration et les identitaires; les hétéros et les LGBT; les féministes et les masculinistes; la gauche et la droite, etc. Cette polarisation des identités, nous la retrouvons au sein de notre famille ou de notre cercle d’amis, au travail, dans la rue lors des manifs, etc.

Les réseaux sociaux exacerbent ces antagonismes et les propagent à une vitesse folle. De plus, ces médias offrent bien plus qu’un espace de parole, ils fournissent la possibilité de se regrouper et d’agir. Certains s’en servent pour amener ce discours sur la place publique. Pensons aux manifestations de Charlottesville et plus près de nous, à Québec. Les gens sont sans complexe, sans filtre. Ils n’ont plus peur de manifester leurs insatisfactions. Toute opinion se vaut. Le peuple s’exprime, se décomplexe. Celui qui prend la parole a raison parce que c’est le « gros bon sens ». Son opinion vaut celle des élites, des intellectuels, des gouvernements et des médias. Face à des situations compliquées, il donne des réponses simples. Face aux controverses, il tranche. Quel rétrécissement du discours!

Comment contrer ce type de populisme ? Il n’existe pas de réponses simples, l’éducation demeure l’une des solutions. Elle rend accessible la pensée critique basée sur des points de repères fiables tels que les droits humains et les lois qui en découlent, et l’importance d’une communication de qualité.

Les cours de philosophie au Cégep, les cours d’histoire contemporaine, les cours de français, les cours d’éthique et de culture religieuse, et particulièrement la compétence éthique au secondaire permettent de déceler les faux raisonnements et les sophismes, et promeuvent le développement d’une analyse basée sur des critères solides.


Sources:

http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1050744/extreme-droite-populisme-neonazisme-guide-lexique

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/17481/populisme-etats-unis-histoire-marise-bachand

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-15-18/episodes/387654/audio-fil-du-mercredi-16-aout-2017

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