Alex Dorval – Septembre 2020 

L’éducation à domicile n’aura jamais été aussi populaire qu’à la rentrée scolaire 2020 alors que le nombre de jeunes recevant l’enseignement à la maison vient de passer « de 3500 à plus de 10 000 », soutient Noémi Berlus, directrice bénévole de l’Association québécoise de l’éducation à domicile (AQED).

Les mesures sanitaires prévues dans les écoles et considérées par certains comme étant « extrêmes » sont « une des sources de motivation qui poussent les parents à retirer leur enfant de l’école », souligne Mme Berlus. Le nombre de membres de l’AQED est passé de 850 familles à 1667 cette année. « C’est fou ! Du jamais vu ! », indique la directrice.

Si certains parents songeaient déjà à faire le saut vers l’éducation à domicile avant la pandémie, « la COVID leur aura donné le prétexte qu’il fallait pour l’essayer », fait valoir la directrice de l’AQED. Pour d’autres familles, c’est plutôt « la crainte de voir leurs enfants, leurs proches ou eux-mêmes attraper le virus qui les a motivés à aller vers l’éducation à domicile », ajoute-t-elle, soulignant au passage la situation de certains foyers où des conditions de santé particulières peuvent être source d’une plus grande inquiétude.

Les mythes de l’éducation à domicile

À l’AQED, on voit cette montée en popularité comme une occasion de parler davantage de l’éducation à domicile, souvent réduite dans l’opinion publique à une forme de rébellion parentale face au système.

Certains mythes ont la vie dure en matière d’éducation à domicile, ce qui a incité l’AQED à publier un communiqué à la fin août dans le but de clarifier le caractère légal et de bien faire la distinction entre l’enseignement à la maison et l’enseignement à distance. Cette dernière appellation faisant référence aux classes virtuelles données par certaines écoles ou centres de service scolaire.

En réaction à la COVID et aux mesures sanitaires imposées en milieu scolaire dans le cadre de la rentrée, des milliers de familles se tournent vers l’éducation à domicile.

« Il est dans le droit de tout parent d’enseigner à son enfant. Vous n’avez à demander la permission ni au ministère ni au centre de service scolaire (CSS), mais, selon la loi, vous devez vous enregistrer avec la Direction d’enseignement à la maison (DEM) et les informer dans les 10 jours suivant la sortie de l’enfant du réseau scolaire. Vous pouvez le faire à tout moment dans l’année scolaire », spécifie l’AQED dans son plus récent communiqué.

Un enseignement de qualité

En plus de l’aspect légal de l’enseignement à la maison, d’autres idées reçues touchent plus spécifiquement « la qualité de l’enseignement et la reconnaissance des acquis », ainsi que « les lacunes au niveau de la socialisation », remarque la directrice de l’AQED. Toutefois, ce sont des préjugés qui, selon elle, disparaissent rapidement dès qu’on se met à faire l’éducation à domicile.

« En plus de connaître davantage leur enfant, le fait que les parents puissent offrir une éducation 1 à 1 leur permet d’être plus attentifs à ses besoins », soutient Mme Berlus. De plus, les parents peuvent compter sur les services d’un enseignant pour faire l’évaluation annuelle de leur enfant.

Une communauté bien active

Au niveau social, Mme Berlus fait valoir que « c’est plutôt la COVID et les mesures sanitaires qui posent problème au niveau de la socialisation des enfants dans les circonstances actuelles ». Les familles membres de l’AQED profitent de groupes de soutien organisant en temps normal des activités et sorties éducatives de façon régulière afin d’assurer l’épanouissement social des jeunes. Des groupes Facebook pour les membres de l’AQED permettent également à leur communauté d’échanger sur les réalités de l’enseignement à la maison.

Ramener le sujet sur la table

Du côté de l’AQED, on aimerait voir la remise en place de la Table de concertation nationale en matière d’éducation à la maison. Cette initiative mise en place en 2017 par le ministre libéral Sébastien Proulx demeure inactive depuis l’arrivée du gouvernement caquiste en 2018. Une situation que déplore Mme Berlus.

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