JYproulx   Jean-Yves Proulx, avril 2016

Le 30 mars dernier, les principaux acteurs régionaux du secteur de l’économie sociale s’étaient donné rendez-vous au Salon Wabasso de la Shop du Trou du diable, à Shawinigan pour participer à une Discussion sur la construction d’un nouveau modèle de développement et sur le positionnement de l’économie sociale dans ce modèle. Cette rencontre faisait partie de la Tournée des régions du Chantier de l’économie sociale qu’effectue son nouveau directeur général, M. Jean-Martin Aussant.

Soulignant le fait que les 1 % les plus riches de la planète disposent aujourd’hui de plus de richesses que les 99 % restants, M. Aussant estime que cette situation démontre l’urgence de donner à l’économie sociale la place qui lui revient. Pour lui, cette situation est anormale et n’a rien à voir avec la loi naturelle du marché. « Mettez sur un même territoire un animal auquel vous aurez accordé 99 % de la nourriture disponible et tout près, 99 autres avec ce qui reste de nourriture. Vous pourrez alors observer ce qu’est une véritable loi naturelle du marché » ajoute-t-il.

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M. Jean-Martin Aussant, Directeur général du Chantier de l’économie sociale

M. Aussant fait valoir que l’avenir d’une société doit passer par la coexistence de trois grands axes de développement : le secteur public, le secteur privé et le secteur collectif (économie sociale). Après avoir lui-même travaillé dans les deux premiers secteurs, il veut maintenant aider le troisième à faire sa place sur l’échiquier économique québécois.

Le secteur privé doit indiscutablement avoir une place, le démantèlement de l’URSS nous l’a fort bien démontré.

Le secteur public, responsable de la promotion nationale du bien commun, a tout aussi indiscutablement un rôle majeur à jouer, tout particulièrement en santé et en éducation. C’est une grave erreur que de penser qu’il doit s’effacer pour laisser plus de place au privé.

Aux côtés de ces deux joueurs majeurs, le secteur de l’économie sociale regroupe l’ensemble des activités et organismes issus de l’entrepreneuriat collectif. La raison pour laquelle il doit occuper une place de choix est simple : alors que la priorité du privé est de satisfaire ses actionnaires, où qu’ils se trouvent, la sienne est de répondre aux besoins des communautés.

Propriétaire des grands réseaux d’information, le secteur privé a tout ce qu’il faut pour se faire connaître et défendre ses intérêts. Le secteur de l’économie sociale gagnerait quant à lui à être mieux connu. L’économie sociale n’a en effet rien à voir avec la philanthropie.

Comme nous l’indique son site Web, le Chantier de l’économie sociale vise la construction d’une économie plurielle qui a pour finalité le rendement à la communauté et la défense du bien commun directement liée aux besoins et aux aspirations des collectivités. Les entreprises d’économie sociale, basées sur des valeurs de solidarité, d’équité et de transparence, assurent le contrôle collectif et pérennisent la vitalité économique, sociale et culturelle des communautés.

Même si dans ce domaine le Québec a une longueur d’avance sur les autres États en Amérique du Nord, le secteur de l’économie sociale doit revendiquer de la part de l’État autant d’aide et de soutien que ce dernier en accorde au secteur privé, de dire M. Aussant, rien de plus, rien de moins.

Pour plus d’information: http://www.chantier.qc.ca/ 

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