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Amélie Singcaster, février 2016

Rosanne Lord avec sa mère d’adoption, et sa petite soeur d’adoption, Fatima.
Rosanne Lord avec sa mère d’adoption, et sa petite soeur d’adoption, Fatima.

À 18 ans, Rosanne Lord, jeune étudiante en soins infirmiers au Cégep de Trois-Rivières, a participé à un stage à Fissel, petite communauté rurale du Sénégal.

Axé sur l’environnement, le stage visait à sensibiliser les citoyens de Fissel aux changements concrets à apporter pour réduire leur empreinte écologique. Il a permis à Rosanne d’acquérir de nombreuses connaissances. Par exemple, elle a beaucoup appris en matière d’agriculture, de gestion des déchets et de compostage. Même si ces éléments peuvent parfois paraître plus familiers pour nous, en contexte sahélien, il en va autrement.

Avec le mode de vie des gens de Fissel grandement différent du nôtre, un choc culturel s’avère presque inévitable. Alors qu’en Amérique du Nord, la population se bat contre les secondes qui s’égrainent, à Fissel, les gens prennent le temps de prendre le temps. La relativité de ce concept entre les peuples nous fait prendre conscience de la surimportance que nous accordons à ces petits chiffres sur l’horloge. Les heures de repas sont également beaucoup plus distancées qu’ici, et les mets eux-mêmes méritent le détour.

Rosanne, qui portait déjà une attention particulière à ses habitudes de consommation avant le stage, a eu envie de les changer encore plus à son retour. Ce désir de changer son mode de vie fait partie du choc de retour que vivent souvent les participants de tels projets. Au Sénégal, la consommation de viande est assez rare et Rosanne a eu envie de devenir végétarienne. Cependant, puisqu’il s’agit d’un grand changement dans son alimentation, elle a plutôt décidé de commencer par diminuer ses portions de viande par semaine.

Pendant le stage, Rosanne s’est aperçue que les Nord-Américains se placent bien haut par rapport aux populations des pays en développement. Qu’ils ont tendance à rejeter du revers de la main tout ce qui diffère de leur mode de vie et à prendre en pitié les communautés du Sud, plutôt que de les considérer comme des égaux. « On pense qu’il n’y a qu’une seule manière de vivre, que c’est la nôtre, et qu’en plus, c’est la bonne! Et si on se trompait? Et s’ils étaient plus heureux que nous? Je pense qu’ils ont compris des choses que nous avons mises aux oubliettes croyant détenir le secret du bonheur avec nos télés plasma. Je pense que nous avons beaucoup plus à apprendre d’eux qu’eux ont à apprendre de nous. »

Si Rosanne avait la possibilité de retourner à Fissel, elle n’hésiterait pas. « C’est une expérience magnifique autant sur le plan personnel que relationnel. Les amitiés qui ressortent d’échanges comme ceux-là sont vraiment sincères!

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