Propos recueillis par Louis-Serge Gill, avril 2017

Dans le cadre de ce dossier sur le fleuve St-Laurent, nous souhaitions recueillir les témoignages de gens qui y habitent, tant d’un point de vue pratique que symbolique. Ce grand fleuve assure une présence dans le quotidien des gens, autant dans leur vie familiale que dans leurs engagements, et même dans leur rapport à l’art. C’est ce dont ce recueil de témoignages souhaite rendre compte.

Crédits : Dominic Bérubé

Vivre avec le fleuve

Sonya Auclair, mairesse de Bastican :

« Nous sommes en train de mettre en place une structure préservant l’accès au fleuve à tous les citoyens de Bastiscan et d’ailleurs. Plusieurs villages ne bénéficient plus d’un accès public, mais nous, nous profitons encore d’un accès grâce au quai. Actuellement, nos citoyens n’ont plus d’accès public à la rivière Bastiscan et on essaie de revenir en arrière : la conservation du fleuve, son accessibilité et son utilisation libre priment pour nous. Si on est accueillants, on va contrer la dévitalisation de notre village. Étant donné que 97 % de notre territoire est zoné agricole, on ne peut pas se lancer dans de grands développements. Notre autre porte, c’est notre histoire étroitement liée au fleuve. Il faut miser sur le tourisme et les événements sportifs. De belles activités existent, tant pour les contemplatifs comme moi, que pour les sportifs. »

Vivre auprès du fleuve de génération en génération

François Fleurent, riverain :

« Pour nous, le fleuve représente un havre de paix. C’est la tranquillité et avec la famille, les activités sont diversifiées. Parfois, comme l’été dernier, nous profitons d’une petite plage pendant quelques jours. Il est aussi possible de faire du canot. D’autres fois, quand la glace prend suffisamment et qu’il n’y a pas trop de neige, nous pouvons patiner. »

Crédits : Dominic Bérubé

L’Ode au Saint-Laurent de Gatien Lapointe

Laurie-Line Gauthier, étudiante en études littéraires à l’UQTR :

« On dit Ode au Saint-Laurent, pourtant le fleuve n’est pas le point central. Il n’y vante pas que la beauté du fleuve. D’un point de vue symbolique, il s’en sert comme un retour à soi. Il écrit ce poème à Paris et le publie à son retour au Québec. Dans les différents brouillons, nous remarquons qu’il se dépolitise pour se rendre à quelque chose de plus abstrait. L’eau sera associée à la mère, à la naissance et à la renaissance. »

Crédits : Dominic Bérubé

Fleuve et écosystème

Luc Farly, étudiant-chercheur en sciences de l’environnement à l’UQTR :

« Après mes études en biologie, j’ai occupé plusieurs emplois tous liés à la vie des poissons, notamment dans le fleuve avec le comité ZIP. Je m’intéresse maintenant à la plaine inondable, et comment au printemps, elle influence la production de poissons dans le Lac Saint-Pierre et la santé de l’écosystème. Le fleuve se porte de moins en moins bien avec l’arrivée d’espèces que nous appréhendions (la carpe asiatique) et l’empiétement des humains autour de la plaine inondable. Tous nos gestes laissent leurs marques sur le fleuve. L’étude du fleuve suppose que l’on découvrira une foule d’autres problèmes, puisque tout est lié. »

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