David Laprade – Citoyen.nes du monde et de chez nous – juin 2021

Le 20e siècle est considéré comme L’âge des extrêmes. Ce siècle a connu la Première Guerre mondiale (1914-1918), la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et la Guerre froide (1945-1991).  Une époque qui a vécu l’extrême de la barbarie humaine par les millions de morts des guerres et par l’extrême puissance de l’ingéniosité humaine, première bombe atomique (1945), ainsi que l’alunissage de l’homme sur la lune en (1969). Après la victoire des États-Unis contre l’URSS et le triomphe incontesté du capitalisme, l’avenir s’annonce sous des jours meilleurs. Comment serait-il possible au 21e siècle d’avoir un pire bilan humain que les 40 millions de soldats morts durant les guerres?

Source : L’Humanité face aux limites de la planète Terre, Direction de la prospective et du dialogue public, infographie réalisée à partir des travaux d’Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, (Lyon, mai 2019)

Le 21e siècle débute avec une conscience écologique de plus en plus présente dans la sphère politique et médiatique. L’environnement est incontestablement l’enjeu de l’heure. Nous savons tous que les gaz à effet de serre dérèglent le climat de la Terre.  Il s’agit d’un fait connu. Ce qui est moins connu ce sont les neuf limites planétaires identifiées par les scientifiques pour rester dans un climat stable, c’est-à-dire l’environnement qui a permis l’essor de l’agriculture et le développement de la civilisation. Une limite planétaire est définie ainsi par les scientifiques :

« La limite planétaire est le seuil critique au-delà duquel les conséquences de l’érosion de la biodiversité sont incontrôlables. Si elle est franchie, la biosphère (c’est- à-dire l’ensemble du vivant) s’expose au risque d’un effondrement global ».

Les limites planétaires

Cette limite se compose de neuf limites biophysiques que l’humanité ne doit pas dépasser pour éviter un emballement climatique et un effondrement de nos sociétés. Il s’agit des changements climatiques, de la perte de biodiversité, des perturbations globales du cycle de l’azote et du phosphore ; l’usage des sols ; l’acidification des océans ; la destruction de la couche d’ozone ; les aérosols atmosphériques, l’usage de l’eau douce et la pollution chimique.  Dans l’état actuel de nos connaissances, trois limites ont été dépassées, deux n’ont pu être clairement identifiés et quatre sont encore à des niveaux de risque minimal pour le moment comme le démontre le graphique suivant :

Source :   https://planeteviable.org/limites-planetaires-monde-viable/

À la croisée des chemins

 « L’effondrement est le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi. » – Yves Cochet, ancien ministre français de l’Environnement.

L’équilibre climatique est à la croisée des chemins.  Le bilan humain pourrait être pire qu’au 20e siècle avec l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle. « Première extermination délibérée de masse de l’histoire », c’est en ses termes que l’astrophysicien Aurélien Barrau parle de notre époque. Quoi qu’il en soit la sixième extinction de masse est en cours. Le réchauffement climatique actuel nous place sur une trajectoire d’un réchauffement de plus de 3°C du climat mondial à l’horizon de 2100. L’homme en est l’acteur principal. Les limites planétaires sont repoussées un peu plus chaque jour et nous approchons à grands pas du point de non-retour. L’âge des apocalypses se dessine tranquillement sous nos yeux avec à terme l’effondrement de la civilisation, voire même l’extinction de l’espèce humaine. Le 21e siècle sera déterminant pour définir le sort de l’humanité et l’habitabilité de la planète pour les générations présentes et futures. Le doute et le statu quo en valent-ils vraiment le risque?

Heureusement, des solutions existent et la révolution écologique est en marche. Le rêve d’un monde meilleur et l’espoir sont toujours d’actualité. La décroissance, la révolution énergétique et les mouvements citoyens ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres d’actions possibles. Concrètement, l’élection en 2020 de Joe Biden à la présidence des États-Unis a relancé le projet du « Green New Deal », projet de transformation de l’économie américaine autour des emplois verts et d’une décarbonisation de la société et remis l’enjeu du climat au-devant des priorités mondiales.

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