Marjolaine Cloutier – Pôle d’économie sociale de la Mauricie 

Quand on dit qu’un projet émane d’un besoin, est conçu et façonné par une communauté, pour le bien commun de celle-ci… Bien en voici un bel exemple.

Mauricie Récolte regroupe des partenaires du milieu, qui, à travers un partage d’expertises, de ressources et de connaissances, en mode co-développement, souhaitent pérenniser les actions locales des différents territoires de la Maurice.

On y retrouve Maski Récolte, Des Chenaux Récolte, les différentes Municipalités régionales de comté (MRC), Le Mapaq, Le Mamh, Le Pôle d’économie sociale, Les SADC, Maski en forme, La CDC de la MRC de Maskinongé,  Le Ciusss, Moisson Mauricie, La Brouette, la Tir-shv, le Consortium en développement social et l’UQTR.

Mais revenons quelques années en arrière.

Ce genre d’activités de récoltes de fonds de champs existe déjà sur plusieurs territoires au Québec. On peut penser par exemple, chez nos voisins du Sud, juste de l’autre côté du pont Laviolette, à la carotte joyeuse qui existe depuis 2014, récolte des dons de producteurs et distribue des denrées transformées afin de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, tout en mettant de l’avant des plateaux de travail d’insertion à l’emploi. En Mauricie, tout commence dans la MRC de Maskinongé, il y a 3 ans. Suzie Paquin, agente de développement chez Maski en forme, en collaboration avec d’autres partenaires, caresse le rêve de récupérer les fonds de champs et d’en faire profiter notamment les distributions alimentaires, les camps de jour, les écoles et les CPE.

« L’opportunité était là. On recevait beaucoup d’appels en ce sens. On voulait aller vers la saine alimentation, les partenaires du temps étaient murs, les producteurs ont embarqué et on a commencé comme ça. Aujourd’hui, ces mêmes producteurs plantent un peu plus de graines en pensant à nos fonds de champ. »

Ce genre d’opération, c’est gagnant pour tout le monde. Ça permet de récupérer des denrées et de les redistribuer. Il peut pousser des projets de transformation, par exemple dans les écoles, les bénévoles ont accès aux légumes, les producteurs souvent en manque de main d’œuvre peuvent récolter l’ensemble de leur plantation. Bref, tout le monde y gagne.

Maski Récolte – Crédits : Suzie Paquin

L’année dernière, c’est dans la MRC des Chenaux qu’un projet similaire a démarré, inspiré de celui de Maskinongé.

Mais concrètement, on parle de quoi ? Et bien pour les amateurs de statistiques et de chiffres, voici ce qu’ont permis les récoltes de fonds de champ dans les MRC de Maskinongé et Des Chenaux, en date du 27 août 2020 :

Des ChenauxMaskinongéTotal
Éditions2020201820192020
Kilos récoltés1 088 kg1 415 kg8 263 kg4 032 kg14 798 kg
Participations6752284+  de 130533 participations
Activités de cueillettes109371571 cueillettes
DonsEnviron ½ total2311Quarantaine de dons
Producteurs et citoyens1781612 producteurs + les citoyens
Organismes bénéficiaires

 

Pour Isabelle Bordeleau, agente de développement à la MRC de Maskinongé, Mauricie récolte n’en est qu’à ses premiers balbutiements et on n’a pas fini d’en entendre parler.

« C’est très stimulant de partager les expertises et travailler en co-développement. Les gens sont motivés, ont soif d’apprendre et de transmettre. C’est clair pour moi que l’initiative va se multiplier et faire des petits dans la région. Soyez à l’affût !», précise madame Bordeleau.

Ce sera effectivement très intéressant de surveiller ce processus d’essaimage qui pourrait favoriser le déploiement de telles initiatives. Nous pourrons également évaluer si l’entrepreneuriat collectif permettrait d’en pérenniser les retombées. Lorsque citoyens, organisations, producteurs, écoles et j’en passe, se mettent ensemble avec au cœur des projets, l’HUMAIN et des valeurs d’économie sociale, les résultats ne peuvent être que positifs pour les différentes communautés.

Parce que comme dit le vieil adage africain : Tout seul on va plus vite, mais ENSEMBLE on va plus loin!

Saviez-vous que !

En économie sociale, les entreprises visent d’abord et avant tout à répondre aux besoins de leurs membres et de leur communauté. Elles prennent de nombreuses formes — OBNL, coops, mutuelles — par lesquelles elles impliquent leurs membres, qui incluent souvent leur personnel ou leur clientèle, dans le processus décisionnel.

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