Lorraine Beaulieu, mai 2019

Chaque automne, mon père préparait son sirop à base de gomme de sapin qu’il sortait lorsqu’un membre de la famille avait le rhume. Il avait également eu raison de l’eczéma de ma mère grâce à des décoctions de feuilles de buis prises dans la forêt. Ses recettes médicinales, il les puisait dans un des rares livres sur la pharmacopée autochtone. Quant à ma mère, elle faisait ses provisions de bleuets et framboises sauvages pour nous cuisiner ses fameuses tartes. Amoureux de la forêt, mes parents respectaient les « Indiens » comme ils disaient et ils partageaient leur amour pour la forêt. Et pour cause.

La chasse, la pêche et la cueillette font partie intégrante de la vie en forêt, qu’on soit autochtone ou non. Pour les Autochtones cependant, ces activités sont bien plus qu’un loisir puisqu’elles s’inscrivent dans une tradition toujours vivante. À Wemotaci durant la saison de la chasse, les écoliers sont libérés de l’école pour aller en forêt. En plus de la chasse, la pêche et la cueillette ils ont conservé une connaissance des plantes médicinales qu’on trouve dans nos forêts comme en témoigne l’expérience de mon père.  Ces connaissances sont en majorité, transmises oralement par les anciens, de génération en génération.

Les gens des Premières Nations se considèrent faisant partie de la Terre et souhaitent vivre en harmonie avec celle-ci dans une relation de respect mutuel avec la forêt et les animaux. On doit d’ailleurs aux Autochtones le proverbe suivant « Nous n’avons pas hérité de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».  Témoignage éloquent de leur relation à la Terre, empreinte de respect envers la forêt, les animaux et les arbres considérés comme des êtres vivants.

Ils évoluaient dans des notions de partage par et pour leur communauté d’appartenance. Loin d’eux l’idée qu’ils avaient un territoire à défendre. La notion de propriété privée était totalement éloignée de la philosophie des premières nations qui eux, vivaient en communauté ou famille élargie, se déplaçant au gré des saisons et de la disponibilité des ressources alimentaires. Le clan était la façon de vivre et de survivre, chaque membre étant considéré au même niveau du tout.

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L’histoire des Atikamekws témoigne d’une relation harmonieuse avec la forêt. Le camping du Domaine Notcimik, situé à La Bostonnais, propose une façon fort originale de mieux connaître le mode de vie autochtone.
Crédits : Domaine Notcimik

Connaisseurs du territoire et de la survie en forêt, les Atikamekws, ont guidé les découvreurs du Nouveau Monde, des coureurs des bois, des curés colonisateurs venus pour évangéliser.

Même si aujourd’hui beaucoup de changements ont transformé la vie en forêt, l’identité culturelle, autochtone ou pas, est marquée par cette réalité. La marque de la présence autochtone est présente par l’acériculture, le canot, la chasse et la pêche, puis on n’a qu’à penser aux noms de nombre de villes, villages et cours d’eau issus des langues autochtones.

Le camping du Domaine Notcimik, situé à La Bostonnais, propose une façon fort originale de mieux connaître le mode de vie autochtone puisque cette base de plein air permet à ses visiteurs de se plonger dans un authentique environnement autochtone.

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