Marjolaine Cloutier – Pôle économie sociale Mauricie – Février 2021 

Je suis fascinée par tous ces humains derrière, devant, en dessous, bref au coeur des entreprises d’économie sociale, qui, à coups de passion, de travail et de collaboration font naître et grandir ces p’tits bijoux d’organisations.

Aujourd’hui, découvrons ensemble Sylvie Gervais, fondatrice de la Coopérative Enfant Nature de Shawinigan.

Mission : Reconnecter les enfants à la nature par le biais d’une nouvelle approche éducative expérientielle en plein air.

Avouez que ça fait rêver comme mission d’entreprise!  Et ce rêve, Sylvie Gervais  le porte en elle depuis plus de six ans.

En 2014, alors bien installée dans sa vie et sa carrière, elle propose à deux professeurs de l’UQTR d’expérimenter le concept de « Forest school » au Québec. L’année suivante, on assiste à la naissance de la coop qui aujourd’hui déploie ses ailes bien haut, supportée par les partenaires du milieu, la ville de Shawinigan , et bien sûr, les sept membres qui la composent.

Enfants du CPE LE Pipandor, camp de base d’Enfant Nature au Parc de l’Ile Melville – Crédits : Coopérative Enfant Nature

La Coopérative Enfant Nature a d’ailleurs remporté le Prix économie sociale au Gala distinction Desjardins de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan en décembre dernier. Et ce n’est pas pour rien. Le modèle d’affaires est unique et c’est un exemple pour tout le Québec. Nous pouvons donc être un tout petit peu chauvins et surtout, en être collectivement très fiers.

La Coopérative offre une nouvelle approche éducative s’adressant aux enfants de 2 à 8 ans.  On parle d’une approche expérientielle en nature. Et Sylvie vous dirait que la nature, eh bien, elle se trouve en ville aussi. On a toujours accès à un parc, un morceau de verdure, une flaque d’eau ou une craque avec des fourmis pour expérimenter. Donc pas d’excuse, on peut le faire. Dans le fond, il suffit d’ouvrir ses yeux et son cœur.

D’ailleurs, c’est dans le cœur de Sylvie que le déclic s’est fait alors qu’elle ne s’y attendait pas. Ce bout de phrase s’est mis à tourner en boucle dans sa tête : « Et si reconnecter les enfants à la nature était aussi important que de la protéger. » Ces mots ne l’ont plus jamais quittée.

Avec pour baluchon un désir plus grand que nature de changer les choses, elle est allée en Écosse parfaire son parcours en pédagogie Nature avec Claire Warden, tout en créant son laboratoire vivant avec deux chercheurs de l’UQTR.  Elle s’est entourée de gens aussi passionnés et motivés qu’elle et a acheté, de son propre chef, 10 kits plein-air pour enfants, une tente et tout le matériel nécessaire pour démarrer.

Aujourd’hui, plus de 2 500 enfants ont bénéficié de cette approche pédagogique unique et 120 intervenants  ont  reçu la formation. Et ce, sans compter le grand nombre de parents qui ont été contaminés aussi. Parce que l’idée derrière tout ça, bien sûr, est que cette reconnexion avec la nature se poursuive à l’extérieur du cadre de la coopérative. Au Centre de services scolaires de l’Énergie, l’ensemble des enseignant.e.s de maternelle a bénéficié de cette formation.

Pour Sylvie, il était également primordial de concrétiser ce rêve sous forme de coopérative de solidarité, afin de le démocratiser et de rendre accessible à tous et toutes l’éducation en plein air.

Des satellites de la Coopérative sont déjà en place ailleurs au Québec et ce n’est assurément qu’un début. La Coopérative Enfant Nature souhaite maintenant que le gouvernement s’implique afin de rendre accessibles ces formations de qualité partout au Québec, que tous les parents puissent aussi être rejoints  et que finalement,, comme société, nous prenions collectivement un virage nature, un virage qui bouge.

Plateforme pédagogique

Saviez-vous que : La moitié des membres des conseils d’administration en économie sociale au Québec sont des femmes.

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