Par Jean-François Veilleux

Même si la première exposition agricole eut lieu à Trois-Rivières en 1856, c’est seulement à compter de 1896 que l’évènement devient annuel. C’est l’occasion pour le nouveau chef du Canada de visiter la région mauricienne. Wilfrid Laurier (au centre), reçu à Trois-Rivières par les députés Jacques Bureau (à gauche) et Joseph-Adolphe Tessier (à droite).
Même si la première exposition agricole eut lieu à Trois-Rivières en 1856, c’est seulement à compter de 1896 que l’évènement devient annuel. C’est l’occasion pour le nouveau chef du Canada de visiter la région mauricienne. Wilfrid Laurier (au centre), reçu à Trois-Rivières par les députés Jacques Bureau (à gauche) et Joseph-Adolphe Tessier (à droite).

Il y a 155 ans, le 17 décembre 1861, naissait à Sainte-Anne-de-la-Pérade cet avocat et maire de Trois-Rivières. Profitons de l’occasion pour effectuer un bref retour sur la vie de ce grand homme politique.

Fils de Louis-Gonzague Tessier, cultivateur, et de Rose de Lima Laquerre, Joseph‑Adolphe Tessier fait ses études successivement à l’Académie Saint-Cyr, au Séminaire St-Joseph, à l’Université Laval à Montréal en droit, puis à l’École d’infanterie militaire de Saint-Jean.

Admis au Barreau de la province de Québec le 26 janvier 1885, il exerce aussitôt sa profession à Trois-Rivières. Le 14 août 1888, il épouse dans la cathédrale de Trois‑Rivières Marie-Louise-Elmire Guillet, fille de François-Xavier Guillet et de Louise-Angélique Desfossés, aussi petite-fille du célèbre avocat et marchand Jean Desfossés (1787-1854).

Le 11 juillet 1896, Wilfrid Laurier (1841-1919) devient le septième premier ministre du Canada, et le premier Canadien français à accéder à ce poste, qu’il conservera 15 ans, jusqu’en octobre 1911. Au même moment, Tessier devient un important homme politique trifluvien en tant qu’avocat de la Cité de Trois-Rivières (de 1896 à 1904).

Peu après, Tessier est nommé substitut du Procureur général pour le district de Trois‑Rivières de 1900 à 1904, « conseil en loi du roi » en juin 1903, puis lieutenant‑colonel du 86e régiment de milice de Trois‑Rivières pendant dix ans. Avocat de profession, il atteint la gloire en devenant à 43 ans le nouveau député provincial de Trois‑Rivières. Il occupera le poste de 1904 à 1921.

C’est sous son règne comme député que survient le terrible feu de Trois-Rivières. Le 22 juin 1908, Trois-Rivières brûle presque entièrement à cause d’un incendie qui, soutenu par des vents violents, durera trois jours. La majeure partie de la vieille ville est détruite, n’épargnant qu’une dizaine de bâtiments datant du régime français, comme le monastère des Ursulines et le manoir de Tonnancour.

De 1913 à 1921, J.-A. Tessier cumule deux postes, soit ceux de député et de maire de Trois‑Rivières, alors la plus grande ville du Québec après la capitale et sa métropole, Montréal. Il devient même ministre de la Voirie dans les cabinets Gouin et Taschereau de mars 1914 à septembre 1921.Créé en 1912, ce nouveau ministère se trouvait sous l’autorité du ministre de l’Agriculture jusqu’à la nomination de Tessier.

Ses mandats d’élu prennent fin lorsqu’il est nommé président de la Commission des eaux courantes du Québec le 27 septembre 1921. Il meurt en poste, et décède à Trois-Rivières le 4 novembre 1928 à l’âge de 66 ans. Ancré dans la société conservatrice qu’était devenu le Québec de la « survivance » à la fin du 19e siècle, Joseph-Adolphe Tessier a réussi non seulement à donner un coup de souffle à la vie trifluvienne après l’incendie dramatique de 1908, mais aussi à devenir un artisan du Québec moderne, surtout dans sa région.

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