Par Magali Boisvert, décembre 2016

L'illustratrice Mathilde Cinq-Mars dans son atelier du centre-ville.
L’illustratrice Mathilde Cinq-Mars dans son atelier du centre-ville.

Nous vivons présentement dans une ère de capitalisme où nous ignorons la plupart du temps d’où proviennent nos produits. Souvent, ce sont malheureusement de petites mains dans des pays défavorisés (qui voient rarement la couleur de l’argent) qui confectionnent les toutous et casse-têtes si mignons au Dollorama.

Pour contrer ce mouvement inéquitable, de plus en plus d’artistes se font connaître du public pour leur travail, et entrent directement en contact avec leurs clients pour les assurer de la qualité de leurs produits. C’est le cas notamment de la très talentueuse illustratrice Mathilde Cinq-Mars, Trifluvienne d’adoption, qui accorde énormément d’importance à la qualité de ses produits afin de créer des œuvres qui lui ressemblent.

Puisque Mathilde se trouve au cœur de la génération web, elle met en ligne la plupart de ses illustrations sur son site web, sa page Facebook, son compte Instagram ou encore sa page Etsy. Cette méthode lui permet de vendre ses œuvres partout dans le monde. Branchée sur le pouls de la communauté artistique, elle reste constamment en contact avec des clients potentiels ou actuels. Sa clientèle compte surtout des femmes, car ses illustrations gravitent autour de thématiques féminines.

Pour Mathilde, le côté humain de la consommation d’art devient essentiel. Elle invite souvent les gens qui achètent ses illustrations à venir les chercher directement à son atelier s’ils habitent dans le coin, et appelle des artistes Etsy en herbe pour leur prodiguer des conseils. De plus, elle n’accepte les contrats d’illustration que lorsqu’elle approuve la mission et les demandes de l’entreprise. On lui a maintes fois demandé d’amincir ou de rajeunir des personnages, ce qu’elle refuse désormais en le mentionnant dans ses contrats.

D’ailleurs, cette proximité nouvelle entre les artistes et leurs clients amène plusieurs avantages. Après avoir passé une bonne demi-heure à essayer de poser des autocollants de l’artiste québécoise Émilie Dionne sur une tasse, je lui ai finalement envoyé un message sur Facebook et j’ai reçu sa réponse moins de dix minutes plus tard. Les artistes d’ici sont accessibles comme jamais auparavant.

Du côté consommateur de la médaille, un nombre grandissant de personnes s’intéresse aux œuvres d’art locales. Dominique Champoux, une jeune cégépienne, aime encourager des artistes de sa région. Elle explique vouloir contacter directement des artistes, car « consommer la culture directement auprès des artistes, c’est vouloir comprendre d’où vient [leur] inspiration afin de pouvoir mieux l’apprécier et la comprendre ». Elle dit tenter de privilégier des artisans qu’elle connaît parfois : « des ami(es) d’un ami d’un autre ami avec qui j’ai fini par parler à cause du chien de la cousine du voisin! Bref, toujours des coïncidences! ». Bien que la communauté artistique locale soit effectivement petite, elle garde toujours les bras grands ouverts pour ceux qui souhaitent l’intégrer et la partager.

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