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Francis Bergeron – Histoire – Décembre 2020

En septembre dernier, le monde entier célébrait le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). En 1939, de jeunes hommes provenant de Trois-Rivières et des municipalités avoisinantes s’enrôlent pour aller combattre dans l’une des guerres les plus meurtrières du XXe siècle.

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit son voisin la Pologne. C’est l’affront de trop pour la France et la Grande-Bretagne, qui lui déclarent la guerre le 3 septembre 1939. De l’autre côté de l’Atlantique, le Canada est loin d’être prêt à entrer en guerre, car « depuis des années, l’effectif des régiments de la milice non-permanente [sic] est rempli à 60 %[1] ». Néanmoins, le Canada déclare à son tour la guerre à l’Allemagne nazie le 10 septembre 1939. Ainsi, le Canada est impliqué une seconde fois en moins de 25 ans dans un conflit d’envergure mondiale[2].

Le manège militaire Général-Jean-Victor-Allard est un édifice historique qui fait partie du paysage urbain trifluvien depuis 1906. – Crédits: Dominic Bérubé

La jeunesse est au rendez-vous

Ici à Trois-Rivières, le 12e Régiment se mobilise aussitôt sous les ordres du gouvernement. Or, « le recrutement commence lentement, mais attire de plus en plus de volontaires au fur et à mesure que le conflit s’envenime en Europe[3] ».  Le Régiment doit alors atteindre un effectif de 532 hommes volontaires pour devenir fonctionnel. Afin d’augmenter de façon significative le recrutement, les officiers-recruteurs se rendent à Shawinigan, Grand-Mère, la Tuque et Louiseville[4]. Cette démarche amène la jeunesse mauricienne à répondre à l’appel.

Il est intéressant de constater que lors de l’enrôlement, presque la totalité des volontaires a moins de 30 ans. Selon Jean-Yves Gravel, 60 % des cavaliers ont moins de 21 ans et environ 7 % d’entre eux se seraient enrôlés en faussant leur âge. Gravel expose la répartition des militaires du Régiment de Trois-Rivières selon leur âge d’enrôlement en 1939 : 1 % ont 16 ans, 3 % ont 17 ans, 5 % ont 18 ans, 89 % ont entre 19 et 26 ans et finalement 2 % sont plus âgés. Gravel affirme alors que c’est la jeunesse qui caractérise le Régiment de Trois-Rivières en 1939[5].

Mais qu’est-ce qui pousse la jeunesse à s’enrôler dans un conflit outre-mer ? Plusieurs raisons peuvent expliquer ce désir d’engagement. Il y a notamment « le patriotisme, le désir de défendre ses principes et ses valeurs, la quête d’aventure, la poursuite d’une tradition militaire familiale ou le besoin d’un emploi[6] ». Sans oublier le sentiment de solidarité avec les forces alliées et le but commun de combattre l’ennemi fasciste.

Les militaires du Régiment de Trois-Rivières participeront donc aux campagnes d’Italie et de Sicile de 1943 à 1945. Ils seront finalement transférés dans le nord-ouest de l’Europe en 1945[7]. Malheureusement, entre 1943 et 1945, 114 Mauriciens meurent sur les différents fronts d’Europe[8].

Afin de rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale, les citoyens de la cité de Trois-Rivières inaugurent le 24 juillet 1921 le Monument des Braves. – Crédits: Dominic Bérubé

Patrimoine matériel de la Seconde Guerre mondiale

Afin de rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale, les citoyens de la cité de Trois-Rivières inaugurent le 24 juillet 1921 le Monument des Braves. En plus de commémorer les morts de 1914-1918, il commémora également celles de la Seconde Guerre mondiale. Les noms des disparus de la région se trouvent sur la plaque Appel d’honneur du monument. Le Monument des Braves nous rappelle le sacrifice de ceux qui se sont battus pour défendre leur pays. Il est situé au centre-ville de Trois-Rivières et est l’œuvre du sculpteur anglais Cœur de lion McCarthy (1881-1979), fils du célèbre sculpteur Hamilton McCarthy (1846-1939), connu pour avoir conçu et créé de plusieurs statues en bronze et monuments commémoratifs un peu partout au Canada.

Autre emblème évocateur de ces conflits armés, le manège militaire Général-Jean-Victor-Allard est un édifice historique qui fait partie du paysage urbain trifluvien depuis 1906. Avec ses allures de château fort et ses imposants blindés, ce manège est reconnu édifice fédéral du patrimoine depuis 1991[9]. Il est donc un lieu incontournable pour toute personne s’intéressant à l’histoire des guerres occidentales modernes.

Crédits: Dominic Bérubé

Sources 

Gravel, Jean-Yves, Histoire du Régiment de Trois-Rivières 1871-1978, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1981, XX p.

Grenier, Kate, Les formes de soutien moral utilisées par le Régiment de Trois-Rivières pendant la Seconde Guerre mondiale. Mémoire. Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, 2018, XXX p.

Prieur, Charles, Chronique de guerre 1939-1945 du Three Rivers Regiment (Tank), Trois-Rivières, Association du 12e Régiment blindé du Canada, SD, XX p.

Sites Internet :

C.P., Stacey, « Deuxième Guerre mondiale ». L’Encyclopédie Canadienne, 13 mai 2015, Historica Canada. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-guerre-mondiale (page consultée le 10 novembre 2020).

ASSOCIATION DU l2e RÉGIMENT BLINDÉ DU CANADA. « Historique du Régiment », Association du 12e Régiment blindé du Canada [En ligne] http://www.12rbc.ca/regiments/443-18-historique

[1] Jean-Yves Gravel, Histoire du Régiment de Trois-Rivières 1871-1978, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1981, p. 32.

[2] Stacey, C.P., « Deuxième Guerre mondiale ». L’Encyclopédie Canadienne, 13 mai 2015, Historica Canada. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-guerre-mondiale (page consultée le 10 novembre 2020).

[3] Kate Grenier, Les formes de soutien moral utilisées par le Régiment de Trois-Rivières pendant la Seconde Guerre mondiale. Mémoire. Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, 2018, p. 25.

[4] Idem., p. 25.

[5] Jean-Yves Gravel, Histoire du Régiment de Trois-Rivières 1871-1978, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1981, p. 85.

[6] Kate Grenier, Les formes de soutien moral utilisées par le Régiment de Trois-Rivières pendant la Seconde Guerre mondiale. Mémoire. Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, 2018, p. 26.

[7] Jean-Yves Gravel, Histoire du Régiment de Trois-Rivières 1871-1978, Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1981, p. 53 et 83.

[8] Charles Prieur, Chronique de guerre 1939-1945 du Three Rivers Regiment (Tank), Trois-Rivières, Association du 12e Régiment blindé du Canada, SD, p. 310-313.

[9] Le Manège militaire Général-Jean-Victor-Allard est situé au 574 rue Saint-François-Xavier; Patrimoine culturel, Manège militaire de Trois-Rivières [En ligne] http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=174415&type=bien#.X6mMhmhKh1s (page consultée le 2 novembre 2020).

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