Jean-Claude Landry Gazette de la MauricieJean-Claude Landry, octobre 2019

Perçu à juste titre comme le pivot d’une communauté, l’établissement scolaire local se retrouve fréquemment au cœur d’importantes mobilisations citoyennes. La Mauricie en sait quelque chose.

Pensons ici aux efforts déployés par les citoyens de Saint-Boniface pour l’agrandissement de leur école primaire, à ceux de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, pour sauvegarder la mission de l’école Saint-Charles, aux gens de Saint-Élie-de-Caxton qui se mobilisaient récemment face à la perspective d’une diminution des ressources pédagogiques au sein de l’école du village. Sans oublier bien sûr la mobilisation historique des parents et des citoyens de Batiscan pour sauver l’école locale, une lutte épique qui avait pris une envergure telle que le gouvernement a été amené à élaborer une politique sur le maintien de la dernière école du village.

écoleFaut-il s’étonner d’un tel réflexe populaire lorsque l’avenir de l’école du village ou du quartier est en jeu? Pas vraiment. Plus qu’un simple immeuble dans le paysage, l’école locale est en quelque sorte le poumon d’une communauté, un élément de sa vitalité.  L’école, affirment de nombreuses études, contribue à la cohésion sociale, en raison notamment de sa proximité avec la population résidente et des occasions qu’elle offre aux parents du quartier ou du village de se rencontrer et se connaître davantage.

À ce constat positif s’ajoute celui de l’apport potentiel du milieu sur la réussite scolaire.  Encore ici, nombre d’études le démontrent. En effet, si les apprentissages des élèves sont largement influencés par ce qu’ils vivent dans leur famille, leur école et leur communauté, c’est la collaboration étroite qui s’établit entre ces différentes entités qui arrivent le mieux à favoriser le développement et la réussite des jeunes. L’ancrage de l’école dans son milieu constitue donc un facteur déterminant de la réussite scolaire, un thème central dans la rhétorique du gouvernement actuel, rappelons-le.

Découvrez les autres articles du dossier École et communauté

Imaginons maintenant… l’École

Cette École, majuscule dans son esprit comme dans sa forme, en sera une de proximité. Important vecteur d’autonomisation – ou d’empowerment – de la collectivité, elle sera tantôt le lieu de convergence de services et de ressources multiples, auxquels aura accès la population locale, tantôt lieu de rassemblement, contribuant à la cohésion sociale en permettant aux parents et aux citoyens de s’entraider et d’apporter les changements désirés à leur communauté.

L’approche pédagogique de cette École sera animée de l’intime conviction que les parents, le personnel enseignant, ainsi que les membres de la communauté peuvent jouer un rôle majeur dans le développement harmonieux des enfants. Elle n’hésitera donc pas à faire appel aux organismes, aux institutions, aux ressources et aux gens du milieu pour les associer à la démarche éducative des élèves.

Résolument ancrée dans son milieu, l’École sera perçue comme un levier exceptionnel de mobilisation pour la communauté, lui permettant de se développer et de réaliser ses aspirations. Élément de réponse à l’occupation dynamique du territoire, véritable trait d’union entre les générations, valorisant à la fois l’histoire et les traditions locales, tout en se tournant vers l’avenir, on dira de cette École qu’elle est comme un jardin, qu’elle nécessite qu’on la cultive!

Un rêve que tout cela? Pas vraiment puisque cette École existe et qu’elle porte un nom : l’École communautaire. Présente dans plusieurs  communautés  locales, que ce soit en ville ou en milieu rural, l’application du modèle va du plus modeste au plus complet.  Partout cependant, quel que soit le modèle d’application, l’École communautaire assume un rôle de carrefour, pour le mieux-être des enfants, des parents et des citoyens.

Appelé à se développer, le modèle de l’École communautaire? C’est ce que proposait une équipe de travail sur le développement de l’école communautaire, mandaté par le Conseil des ministres, dans un rapport intitulé « L’école communautaire : un carrefour pour la réussite des jeunes et le développement de la communauté » et déposé en  juin 2005 au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport de l’époque. C’était il y a 14 ans, mais l’enjeu demeure actuel.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here