Steven Roy Cullen, septembre-octobre 2019

La rentrée 2019 à la commission scolaire Chemin-du-Roy s’est faite avec une personne en moins au service d’animation spirituelle et d’engagement communautaire (SASEC). Selon ce qu’a pu apprendre La Gazette de la Mauricie, il a été décidé de retrancher 32,5 heures aux services offerts dans les écoles secondaires. Il ne resterait plus que cinq animateurs et animatrices pour desservir l’ensemble des huit établissements secondaires de la commission scolaire.

La présidente du Syndicat du personnel professionnel de l’Éducation du Cœur et du Centre-du-Québec (SPPECCQ-CSQ), Mme Alexandra Vallières, dénonce vivement les compressions dans le SASEC. « Ce service est essentiel au développement global de l’élève puisqu’il permet de développer sa conscience sociale, de se construire en tant qu’individu. C’est le seul lieu où l’élève n’est pas dans la performance scolaire, mais plutôt dans une démarche réflexive par rapport aux enjeux de société actuels tels que l’environnement, l’engagement citoyen, l’acceptation de l’autre. Couper dans ce service met en péril une des grandes missions de l’école québécoise qui est, selon la Loi sur l’instruction publique, de socialiser les élèves pour apprendre à mieux vivre ensemble. »

Davantage de personnel professionnel

La décision de supprimer un poste au SASEC dans les écoles secondaires de la commission scolaire Chemin-du-Roy a de quoi étonner, alors que le dernier budget du gouvernement du Québec prévoit 47 millions de dollars par année sur cinq ans pour augmenter les services de soutien professionnel directs aux élèves.

Vérification faite, il y a effectivement plus de services professionnels offerts aux élèves de la commission scolaire Chemin-du-Roy. Selon les données transmises, le nombre d’employés professionnels est passé de 165 à 178 au cours de la dernière année. Par contre, cela ne s’est pas fait au bénéfice du SASEC.

« On a toujours le souci de répondre aux besoins des élèves. Le Conseil des commissaires a entériné les recommandations du comité de répartition des ressources après que celui-ci ait évalué l’ensemble de ces besoins. Il faut travailler avec les moyens dont dispose la commission scolaire », explique Mme Anne‑Marie Bellerose, conseillère en communication à la commission scolaire Chemin-du-Roy.

Mme Bellerose confirme qu’un départ à la retraite a permis de retrancher 32,5 heures au SASEC tout en allouant un 2,5 heures à un animateur à la vie spirituelle et à l’engagement communautaire (AVSEC) qui n’était auparavant pas à temps plein. Elle précise que le plan d’effectifs est évalué annuellement.

Source d’inquiétudes

La réévaluation des effectifs est une source d’inquiétudes pour les AVSEC. Selon Mme Line Desgagné, AVSEC à l’école secondaire des Pionniers, un second départ à la retraite sera considéré dans les affectations de l’an prochain. « On essaie de faire valoir notre service pour qu’au prochain départ à la retraite, il n’y ait pas d’autres compressions », indique‑t‑elle.

Mme Desgagné souligne par ailleurs que les AVSEC sont souvent les professionnels en première ligne qui peuvent référer les élèves aux autres professionnels comme les psychologues. « Ce midi, j’ai eu une élève qui est venue se confiée par rapport à son orientation sexuelle. Elle n’a pas pris un rendez-vous avec la psychologue. Elle est habituée avec moi et je suis là tout le temps. […] Cette élève-là ne serait pas allée consulter en psychologie ».

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